Argenteuil, la magie des bords de Seine

Avouons-le, on a un petit temps de recul quand on nous dit Argenteuil, Val d'Oise, banlieue parisienne. Mais si je vous dis que c'était une ville, d'abord, de paysans et de viticulteurs. Et que de cette tradition, il n'en reste pas que des tableaux dans les musées, mais aussi des paysages et un état d'esprit... Je le sens bien, ça vient, vous commencez à aimer Argenteuil.

Une cave dîmière du XIIIe siècle

C'est d'ailleurs un viticulteur, d'après ce qu'on m'a dit, qui découvre en 1867 un truc génial, précisément une allée couverte avec des poignards, des pointes de flèches et des haches, c'est en fait une sépulture. Je ne saurais vous dire qui l'a découverte mais Argenteuil abrite aussi une remarquable cave, avec des travées et arcs gothiques, qui bizarrement ne sert pas à stocker les vins. On l'appelle la cave dîmière parce qu'elle permettait de stocker tout ce que les agents des impôts collectaient en nature, et qu'on appelait la dîme.

Demandez à Monet si vous ne me croyez pas

Ce ne sont que deux petits exemples parmi un patrimoine argenteuillais foisonnant. Et dans ce patrimoine, vous avez aussi la Seine, généreuse et partageuse, puisqu'elle ne dandine pas qu'à Argenteuil. Cela dit, la Seine d'Argenteuil a une présence très particulière, et ce n'est pas Monet qui vous dira le contraire. Claude Monet, qu'on ne présente plus, a habité à Argenteuil pendant près de dix ans. Il va y peindre plus de 250 tableaux dont évidemment la Seine, son actrice presque fétiche et de premier rôle.

Karl Marx et les asperges

D'autres très grands manieurs de pinceaux, tels Edouard Manet ou Auguste Renoir (photo), prendront Argenteuil pour décor. Un décor que Karl Marx, lui aussi, affectionnait. Il se rendra plusieurs fois ici, notamment pour y visiter sa fille Jenny. Voilà pourquoi vous trouvez un boulevard Karl Marx dans la ville. Et vous trouvez aussi des asperges célèbres, qu'on faisait pousser entre les rangs des vignes. On nommait d'ailleurs le promoteur de cette plante argenteuillaise (car c'est une plante !), Louis Lhérault, « le parmentier de l'asperge ». Sans doute nommait-on Parmentier le Lhérault de la patate.

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