Gap et ses voies et ses voix

C'est une sorte de joli nœud, Gap. Un nœud qui lie le Dauphiné et la Provence. Cette ville, parsemée de fontaines, de chapelles, de Gapençais aussi, est également truffée d'altitudes. En la matière, elle est même parmi les mieux gaulées de France. Ceci n'est pas un phénomène géologique dont on nous aurait caché les causes, mais il s'avère que les Hautes-Alpes, dont Gap est la ville-préfecture, ne décrochèrent qu'en 1790 la palme d'or du plus haut département de France.

Ceci n'est qu'un phénomène politique. C'est en effet pendant la Révolution Française que la province du Dauphiné fut séparée en trois – Isère, Drôme et Hautes-Alpes. J'en déduis, logique que je suis malgré la décompression, que le Dauphiné était jadis la plus haute province de France. D'où, j'imagine, cette histoire de gratin dauphinois, qui n'est pas qu'un plat fourré au four, mais aussi une partie de la société qui se croit tout en haut parce que bardée de breloques. Tout ceci, vous le savez déjà, j'en suis sûr. Et si vous ne le saviez pas, un clic sur Wikipédia vous l'aurait dit aussi (je ne vois pas pourquoi, n'étant d'aucun gratin, je serais seul à sucer les tuyaux de Wiki).

Ce qui, en revanche, m'a demandé beaucoup plus de contacts et de travaux de recherches, c'est ça : Gap est d'abord une histoire de voies, et puis de voix. Les voies du Seigneur impénétrables, d'abord. Parce qu'on ne s'explique toujours pas l'immense succès des Prêtres, célèbre groupe même pas de rock, sinon qu'ils ont une voix effectivement splendide. Et ces prêtres sont du Diocèse de Gap. Et paf, admirez le travail d'enquête.Ce n'est pas fini.

Il y a aussi les voies pénétrables, celles de chemin de fer. Pénétrables à condition que vous soyez chaussés d'un bon essieu et d'un machin rond à chaque bout. Je vous en parle parce qu'à vingt kilomètres de Gap, à Veynes, vous pouvez découvrir l'un des plus beaux musées de France sur la vie du rail. Gap fut – et est toujours – un nœud ferroviaire. A la fin du XIXe siècle, elle comptait une splendide rotonde qui abritait 36 voies. Je ne vous fais pas de dessin, vous voyez bien à quoi pouvait servir la rotonde qui tournait en rond ; à expédier par exemple au sud un train qui venait de l'est. Et le plus éblouissant, c'est que le vice-versa fonctionnait. Et tout ce petit monde de veinards se croisait donc à Veynes. Si bien que la petite ville, en 1930, comptait 3000 habitants dont 700 cheminots. C'est l'un d'eux, je pense, qui a inventé cette maxime célèbre, que Rome a rachetée ensuite : tous les chemins mènent à Gap...

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Photo : MDT / F. Thibault ; Avec l'aimable autorisation de l'Office de Tourisme de Gap.

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