Heure d'été : elle vous fatigue ?

J'ai changé mon fusil d'épaule. Je vous avais concocté un programme de week-end aux petits oignons (je vous en parlerai la semaine prochaine), mais j'entends tant de monde qui me dit « rhooo la la, c'te fatigue, j'suis dég, j'suis nase, claqué, rompu, fourbu, moulu ». Donc, je suis allé chercher pour vous quelques idées pour remettre tout ça d'équerre.

L'art de la sieste

Le passage à l'heure d'été, théoriquement, crée de l'économie d'énergie. C'est ça, elle économise l'énergie, elle fatigue ! Dans mes consultations, j'ai trouvé quelques médecins qui vous racontent que cette heure en moins ne se rattrape jamais (comme le temps perdu), sauf lors du passage à l'heure d'hiver. Mais majoritairement j'ai croisé des optimistes. Celui-ci, d'abord, qui nous prie de reprendre goût à la sieste. Idéalement, sauf si vous êtes veilleur de nuit ou testeur de literie, celle-ci ne doit pas excéder vingt minutes.

Cure de sommeil

Un autre m'a affirmé qu'il fallait s'imposer, pendant quelques temps, des cures de sommeil. Deux à trois fois par an, vous augmentez de 50% votre dose habituelle de sommeil. Donc, si vous pioncez généralement 8 heures, vous vous imposez 12 heures, sachant que la nuit idéale, paraît-il, est de 7 heures la semaine et 8h le week-end. Contrairement à quelques idées reçues, s'enfiler quelques verres d'alcool n'aide pas à mieux dormir. Quelques heures de télé non plus (c'est encore moins recommandé).

Le rallye des horloges

Mon conseil perso – car je ne suis pas médecin, juste docteur ès flânerie – c'est de vous organiser une rando entre les plus belles horloges de France. Vous vous calez ça sur votre agenda, entre l'heure d'été et l'heure d'hiver, comptez sept mois au moins pour faire le tour. Voici juste quelques exemples d'arrêts à faire (il y en a des centaines). À Paris déjà, c'est un festival ! Baladez donc d'abord votre trotteuse du côté du Musée d'Orsay.

À Orsay et Saint-Lazare

Elle est immense, elle est splendide, elle vous rappelle l'époque où Orsay était une gare qui embarquait les Parisiens vers les destinations du sud-ouest. L'horloge, avec le grand hall verrier, sont les seuls vestiges de cette époque ferroviaire. Si vous allez en Normandie, il est possible que vous passiez par la case gare Saint-Lazare et là, faites attention ! Il y a beau avoir surproduction d'horloges, elles ne sont pas à l'heure ! Le paquet sur le parvis est l’œuvre géniale de César et c'est plutôt un point de repère dans cette vaste gare, classée seconde d'Europe en trafic de voyageurs.

Le Gros-Horloge de Rouen

Arrivés en Normandie, à Rouen par exemple, cherchez la rue du Gros-Horloge et vous trouverez le Gros-Horloge. Symbole de Rouen, il est collé sur un beffroi lui-même posé sur une arche de toute splendeur, d'époque Renaissance. Lire l'heure ici, même quand vous êtes aux pièces, est un travail d'artiste. Mais ma préférée est à Amiens. Son architecture est incroyable, elle est d'un genre rococo de très haute volée.

La Marie-sans-chemise

L'horloge Dewailly (photo) doit son nom à un ancien maire d'Amiens, Louis Dewailly, qui fit un legs à la ville pour construire une horloge. En fait, les Amiénois la nomme « la Marie-sans-chemise » parce qu'elle révèle une femme très légèrement vêtue et merveilleusement galbée. Il faudra d'ailleurs un jour que je vous embarque sur le circuit des plus beaux hommes et belles femmes statufiés. Sur cette promesse que je tiendrai, je vous souhaite un week-end céleste, atomique, astronomique, électrique, bref un week-end d'horloge. Prenez le temps de vivre !

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