Découvrez l'histoire du bio en France

À l’occasion de l’ouverture de « Marjolaine », le plus grand salon bio de France – et le plus ancien à cette échelle –, voici une balade dans l’histoire du bio. Le terme « bio », aujourd’hui, recouvre une foultitude de concepts et labels, de comportements et d’engagements, allant au-delà des questions liées à la production et à la consommation d’aliments. Si le « bio » semble faire présentement l’unanimité, cela n’a pas toujours été le cas, loin de là ! Ses pionniers, dans les années 50, on souvent été moqués, taxés d’être de doux rêveurs ou des bandes d’hurluberlus excentriques. Notons tout de même que le contexte, très productiviste de l’après-guerre et des années 50 et 60, présentait des enjeux différents des actuels, en termes de besoins et de volonté d’indépendance de la France.

Nourrir la terre et nourrir l’humanité

Les définitions du terme « bio », elles aussi, poussent en mode productiviste. On pourrait prendre celle-ci – de l’Agence Française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture biologique – qui résume bien l’enjeu : « synthèse qui réunit dans un même objectif la recherche de la fertilité de la terre et la santé de l’homme et de l’animal ». Nourrir la terre et nourrir les hommes. Plusieurs acteurs des filières bio fixent, avant les années 50, la naissance de cette démarche en France : en 1931, lorsque Raoul Lemaire ouvre à Paris l’une des premières entreprises de produits naturels, des pains en l’occurrence. Plus tard, à la fin des années 50, Raoul mettra en place des techniques d’agriculture sans engrais ni pesticides.

L’apparition des labels et normes officielles

En 1958, apparaît le premier Groupement d’Agriculture Biologique (GAB), dans l’ouest de la France, et onze ans plus tard la première foire aux produits biologiques, dans les Deux-Sèvres. Mais ce n’est qu’en 1985 que ce mode de production prend la dénomination officielle « d’agriculture biologique » et que naît le label AB. En 1992, à la Conférence de Rio, le développement durable est inscrit au programme d’action des gouvernements. Depuis, de très nombreux classements et labels ont été créés (pas seulement dans le domaine alimentaire), par exemple des normes ISO, telle que la 14001, attribuée selon les impacts créés sur l’environnement dans la gestion d’une structure. Cette norme, autrement nommée « de management durable », a été attribuée à un certain nombre de villages vacances Cap France, labellisés « Chouette Nature » et parrainés par le journaliste de France Inter, Denis Cheissoux.

Se repérer dans la jungle

Dans le monde de l’estampille « bio », il arrive qu’on se perde, qu’on distingue mal le vrai du faux, le bon du moins bon. Il y a trois réflexes à adopter : vérifier l’origine de la certification, regarder de près les engagements et favoriser la proximité des produits. Aujourd’hui, « le bio » est devenu un énorme business, ce que regrettent certains purs et durs. Rançon de la gloire ? Pour conserver à la démarche son caractère authentique, peut-être faut-il d’abord se souvenir de l’histoire de ce mouvement : une immense aventure, le plus souvent menée par des amoureux de la nature, généreux et sincères… et très divers. Elle mêlait, parfois dans un joyeux bazar, des paysans, des producteurs, des transformateurs, des médecins, des nutritionnistes, des consommateurs, des associations et des politiques. Parce que le vrai bio est sans doute d’abord une aventure humaine, humaniste.

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