Albertville, 1992

Suite de notre spéciale Olympiades, dans le cadre des Jeux Olympiques d'hiver qui s'élancent vendredi à Pyeongchang. On s'arrête aujourd'hui en 1992, l'année des JO précisément baptisés « d'Albertville et de Savoie » car l'événement se déroulait sur dix sites, dans la vallée de la Tarentaise.

L'Allemagne recousue

Toute l'histoire des Jeux Olympiques, d'hiver ou d'été, est liée à des questions politiques ou diplomatiques. 1992 est une année spéciale. L'Allemagne arrive unie, après la chute du mur de Berlin en 1989. Elle décroche le haut du podium, avec 26 médailles dont 6 d'or (la France arrive en 7e position, avec 9 médailles, dont 3 d'or).

L'URSS détricotée

Sur la 2e marche, apparaît une « équipe unifiée » (les guillemets sont importants !), avec 23 médailles dont 9 d'or. C'est l'ancienne URSS, dissoute officiellement depuis un mois (le 26 décembre 1991) et qui se réunifie le temps d'un jeu. La plupart des évolutions politiques, depuis l'origine des JO modernes, a eu des incidences sur le nombre de pays et d'athlètes engagés dans la compétition.

Dix fois plus d'athlètes qu'en 1924

En 1924 à Grenoble, 16 nations étaient présentes, avec 258 athlètes. À Albertville, 64 nations et 1800 athlètes s’affrontaient. Dans quelques jours, arrivent en Corée du sud 2900 sportifs issus de 92 nations (sans la Russie, exclue pour cause de dopage en 2014, mais ses athlètes pourront courir sous la bannière olympique). En moins de cent ans, le nombre de participants à des JO d'hiver a été multiplié par 10. Les épreuves et disciplines, elles aussi, se sont multipliées.

Une machine coûteuse

Les Jeux Olympiques sont donc devenus une énorme machine, coûteuse, où le débat sur les retombées économiques est sans cesse rouvert. Il y a deux écoles qui s'opposent : ceux qui estiment les seules retombées financières directes (ils sont plutôt négatifs sur l'impact économique des Jeux) et ceux qui incluent des retombées plus difficilement quantifiables, en termes d'image et de créations d'emplois indirects. Les JO d'Albertville, de ce point de vue, sont classés dans les bons crus, avec une réputation renforcée à l'international et l'arrivée, grâce à de nouveaux équipements, de nouvelles clientèles sur la Savoie.

Record mondial de concentration de stations

Albertville et la vallée de la Tarentaise représentent aujourd'hui la plus grande concentration de domaines skiables au monde, avec des stations dont la réputation a franchi les frontières : Les Arcs, Courchevel, Les Ménuires-Val Thorens, Méribel, Tignes, Pralognan-la-Vanoise, La Plagne, Val d'Isère... qui étaient les principaux sites de ces JO 1992.

Ticket d'entrée à 70 millions

La multiplicité des sites a alourdi l'addition. Mais Albertville restera comme l'une des Olympiades adoptant une nouvelle approche financière et de nouveaux rapports avec les partenaires privés. Deux clubs sont créés à cette occasion. « Le Coubertin » accueille les principaux sponsors, (Yoplait, IBM, La Poste...), dont le ticket d'entrée courait jusqu'à 70 millions de francs. Un « Club des 15 » s'ajoute au dispositif (Matra, EDF...) où chacun déboursait 500.000 francs minimum.

Esprit de Coubertin, es-tu (encore) là ?

Ces problématiques – et la crise – se sont accrues depuis les années 90. Le CIO réfléchit aujourd'hui à des règles plus souples et moins dépensières pour la désignation du pays d'accueil : « La procédure de candidature qui a si bien fonctionné par le passé est devenue trop onéreuse dans ce nouveau contexte politique. Nous avons trop demandé aux villes et trop tôt », déclarait récemment le président du CIO, reconnaissant par ailleurs qu'il est aujourd'hui plus délicat de trouver des villes-candidates pour porter les JO d'hiver. Et si on retrouvait le goût des choses simples... et l'esprit de Coubertin.

Crédit photo : Comité International Olympique

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