C'était il y a 50 ans...

…le 6 février 1968, s'ouvraient les dixièmes Jeux Olympiques d'hiver à Grenoble. Ces JO mythiques, passés par Autrans, commune du village vacances L'Escandille, représentent une immense histoire sportive. Mais, plus encore, ils symbolisent une révolution aux multiples visages, marquant l'histoire de la télévision, du cinéma, du tourisme, de l'urbanisme, du marketing...

De Gaulle et la promotion touristique

C'est en 1960 qu'apparaît l'idée d'organiser des Jeux Olympiques à Grenoble. Elle naît dans la tête d'un quatuor comptant notamment le préfet de l'Isère et le président du comité de ski du Dauphiné. Très vite, le maire de la capitale du Dauphiné embraye, ainsi que le président de la République, Charles de Gaulle, qui voit d'un très bon œil cette initiative afin de promouvoir le tourisme d'hiver en France

Face à Calgary la canadienne

La candidature grenobloise n'a rien d'une promenade de santé, la France est face à des candidats-concurrents sérieux : les Etats-Unis, le Canada, la Finlande, la Norvège et le Japon. Grenoble sera élue lors d'un CIO (Comité International Olympique) de janvier 1964, au troisième tour de scrutin. La ville chef-lieu de l'Isère obtient 27 voix contre 24 pour Calgary la canadienne. 44 ans après Chamonix, les JO sont de retour en France.

Un film déterminant

Il est fréquemment rapporté qu'un film promotionnel sur Grenoble a été déterminant dans le choix du CIO. Ce film, réalisé par Jacques Lesage, évoquant notamment Autrans, est une première dans l'histoire des JO. Jamais, un tel procédé n'avait été utilisé dans le processus d'élection d'une ville organisatrice.

Grenoble change de visage

De 1964 à 1968, la ville de Grenoble et les communes accueillant des compétitions et un village olympiques vont bosser d'arrache-pied. On invente, on bouscule, on construit ou on rénove nombre d'équipements, pour un total d'investissements de plus d'un milliard de Francs. C'est une époque où l'urbanisme de Grenoble se métamorphose. Son visage change, et avec lui l'image d'une « ville à la montagne » devenue pleinement internationale.

Bientôt des visites scénarisées

Cette transformation urbaine est inédite et les JO d'hiver de 1968 sont un mythe. À tel point que la ville de Grenoble envisage aujourd'hui de « mettre en place des parcours et visites scénarisées sur l'urbanisme et les bâtiments, resitués dans le contexte de 1968, dans la ville comme aux alentours ».

Autrans et ses paysages scandinaves

Parmi les infrastructures qui naîtront de ces JO, il y a un tremplin de saut de 70 mètres, adossé à la colline du Claret, à Autrans (on voit cette colline depuis sa fenêtre lorsqu'on loge au village vacances de l'Escandille). Autrans accueille une dizaine d'épreuves, de ski de fond, de saut combiné et de biathlon. Le village est retenu comme site olympique parce qu'il répond à des critères sportifs, géographiques, mais aussi historiques et esthétiques : « cette région du Vercors rappelait les paysages scandinaves où les épreuves nordiques étaient nées : un relief favorable avec un terrain suffisamment accentué, un enneigement excellent et de vastes forêts de conifères ».

Plein de premières fois

Grenoble reste aussi dans les mémoires médiatiques. Ces JO de 1968 marquent l’avènement des grandes retransmissions à l'échelon mondial. C'est la première fois que la couleur apparaît à la télévision pour de tels événements. C'est la première fois qu'on assiste à une retransmission chronométrée. Et c'est aussi la première fois qu'une mascotte fait son apparition. Les plus anciens se souviennent sans doute de ce petit bonhomme : Schuss le skieur.

Schuss le skieur

La polémique Lelouch

Un grand événement a souvent besoin, pour entrer dans la légende, d'une bonne vieille polémique. Elle viendra plus tard, de Claude Lelouch. Chargé de filmer les JO, le réalisateur ne s'en tient pas aux jeux, il filme des gens, des anonymes, autant que des stars du sport, dans une France à quelques semaines de sa révolution de mai 68. Il raconte : « on a filmé l'avant-révolution, on a senti qu'on était en train de filmer la fin d'une époque et c'est cela qu'on a essayé de mettre dans le film, au-delà de l'événement sportif ».

Killy pour avocat

Le film de Claude Lelouch, «13 jours en France », sera très mal accueilli, notamment dans les milieux sportifs. C'est la star de ces JO de 1968, le triple médaillé d'or Jean-Claude Killy, qui prend la défense du cinéaste. 40 ans plus tard, les deux hommes se retrouvent à Albertville pour une projection du film. L'occasion pour Killy de dire sa pensée : « C'est un film absolument monumental, tellement il est touchant, tellement il est Français. Il reflète cette France d'une époque généreuse et chaleureuse ».

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