Ils ont marqué nos vacances (5/10) : le pique-nique

On ne les connaît pas forcément, on ne les voit jamais, pourtant ils se baladent en permanence avec nous pendant les vacances. Je vous emmène dans les régions de dix personnalités dont les noms sont liés à nos congés et nos loisirs.

Avec Claude Monet en Normandie

Voilà une œuvre collective : le pique-nique ! Ce n'est pas une histoire d'inventeurs qui bataillent sur la date de dépôt du brevet, c'est beaucoup plus simple. Le pique-nique a toujours existé, sans qu'on le nomme à ses débuts. Les bergers, grignotant sur le pré avec leur troupeau, sont sans doute les pionniers du pique-nique, puis les paysans dans les champs. Plus tard, les aristos à la chasse viendront piquer l'idée.

Picorer des petites choses

Les deux principales traductions du mot indiquent ce que le pique-nique a été dans notre histoire. Pour certains, ça vient des « niques » (pas les baskets), c'est-à-dire « les petites choses ». Pique-niquer signifiait donc, vers le 13e (pas l'arrondissement, le siècle), picorer des petites choses, des chips par exemple, ou des knacks. Pour d'autres, au 18e, c'était un repas où « chacun apporte son écot ». Son écho aussi, si ça le chante.

Les 300 ans de Rousseau

L'aristocratie va paradoxalement populariser l'idée. Les peintres, les écrivains, les cinéastes, aussi. Ils sont de si célèbres et dévoués promoteurs du pique-nique qu'on les désignerait volontiers inventeurs de la chose. Jean-Jacques Rousseau est de ceux-là. Ce n'est d'ailleurs pas dans une discothèque ou une pizzeria qu'on fêtait récemment ses 300 ans, mais à l'occasion d'un pique-nique géant et lyonnais.

Le scandale du déjeuner de Manet

Manet et Monet sont également à classer parmi les grands serviteurs du déjeuner sur l'herbe. Ceci dit, on ne peut pas dire qu'ils s'étaient fatigués sur les titres. En 1863, le tableau d'Edouard Manet, « Déjeuner sur l'herbe », fait scandale, pour cause de femme assise sur la table... et nue. Deux ans plus tard, Claude Monet peint son « Déjeuner sur l'herbe » à lui. Deux chefs d’œuvre de l'impressionnisme.

Clin d’œil au berger-créateur

Tout le monde va se mettre au pique-nique... les amoureux, les cyclistes, les routiers, et puis les écolos, surtout à partir du 19e siècle où l'industrie se développe, pollue les centres urbains et vous dit de prendre l'air. Les politiques, Révolutionnaires et Républicains, leur emboîtent le pas et inventent des grands-messes sur herbe nommées « pique-niques révolutionnaires ou républicains ». Aujourd'hui, quelques très luxueux hôtels invitent même leurs aimables clientèles à des « pique-niques chics »... clin d’œil au petit berger créateur du genre ! 

Le train des impressionnistes

Monet, qui a si souvent déjeuné sur la toile, était un Parisien et fier de l'être. Comme il était un amoureux de la Normandie, où il a habité de façon intermittente, au Havre, à Honfleur et surtout à Giverny, sa dernière demeure. À visiter là-bas, sa maison devenue musée, une fleur d'architecture. À ne pas louper non plus, le train de la vallée de l'Eure (au départ de Pacy), celui que prenaient les peintres parisiens venus cueillir un bouquet de normandies.

Il est temps de préparer votre prochain pique-nique en Normandie !

Photo : Paris Match

Partagez

+ d'articles...