Lunéville, l'autre Versailles

C'est bien le Versailles des Yvelines que les foudres de Jean-Michel Apathie visaient la semaine dernière. Usant de la métaphore, le journaliste de France Info suggérait de « raser le château de Versailles » pour que nous cessions « d'aller là-bas cultiver la grandeur de la France ». Voilà les Lorrains rassérénés, leur Versailles à eux ne serait pas visé. Pas sûr. Car de grandeur de la France, il est bien question à Lunéville, aujourd'hui coquette ville sous-préfecture de Meurthe-et-Moselle, et qui fut au XVIIIe siècle un des pôles intellectuels et culturels d'Europe. Au « Versailles lorrain », ou « Château des Lumières », Voltaire venait y créer des pièces, le peintre Georges de La Tour y a réalisé une grande partie de son œuvre et la mathématicienne et marquise, Émilie du Châtelet, « première femme savante », surdouée, y vécut aussi quelques moments. Elle ne laisse dans l'histoire, très injustement, que son titre de maîtresse de Voltaire !

Le « bon roi »

Le château de Lunéville est surtout indissociable de Stanislas Leszczynski. Celui qui trône au cœur de la place Stanislas, à Nancy, est roi de Pologne déchu lorsqu'il se voit offrir le duché de Lorraine en viager, par son gendre, le roi Louis XV. Stanislas sera le dernier duc de Lorraine, jusqu'à sa mort en 1766. Ainsi la Lorraine fête cette année le 250e anniversaire de son rattachement à la France. Très loin de l'image du roi héritier, profiteur ou fainéant, Stanislas est un souverain moderne, ouvert, sensible – notamment aux arts –, juste, attaché à la liberté et à la séparation des pouvoirs. « Prince des Lumières », ou « bon roi », comme on le nommait ici, sa cour lunévilloise est colorée, brillante, vivante, cosmopolite, à son image.

Dans l'intimité des Lorrains

Perle de la Lorraine des Lumières, le château de Lunéville a connu une histoire mouvementée, jusqu'à notre époque. Le 2 janvier 2003, un immense incendie (le 7e depuis 1719 !) ravageait le château. Treize ans et cent millions d'euros de travaux plus tard, il renaît. Il est aujourd'hui, peut-être plus encore qu'hier, intimement lié aux cœurs des Lorrains et il mérite plusieurs visites. Son architecture, à elle seule, vous prend quelques jours ! Essentiel, quasi obligatoire : s'attarder dans le jardin : « d'une superficie de 21 hectares, il permet aux promeneurs des balades dépaysantes , faites de contrastes entre le jardin à la française et les bosquets où la nature reprend ses droits ».

À l'école des regards

À l'intérieur, c'est dans une fourmilière que vous pénétrez, faite d'expos, de rencontres, de découvertes multiples. Notons, entre autres, l'exceptionnelle collection de faïences – la Lorraine est une grande terre de verreries, cristalleries et faïenceries – ou encore l’École des Regards, « lieu d'expérimentation, de recherche en photographie, d'apprentissage, de réflexion et d'échange sur les contenus de l'image, et de production où la création est finalisée grâce à un pôle technique ».

D'image, il est aussi question actuellement dans les actions d'un des conseils citoyens de la ville. Le conseil du centre ancien a demandé à un groupe de jeunes lunévillois de raconter leur quartier à travers des photos. Une idée qui aurait plu au bon roi !

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