Lyon et sa mère Filloux

Lyon est notre capitale, n'en déplaise aux parisiens. Savez-vous que, intra-muros, Lyon compte 2000 restaurants, de ces fameux petits et charmants bouchons aux tables les plus étoilées de l'hexagone ? Ce que vous ne savez peut-être pas – je fais mon malin ce matin parce que je viens de l'apprendre – c'est que les femmes sont à l'origine de ce prestige gastronomique lyonnais (cher Jean Ferrat, vous avez raison, la femme est bien l'avenir de l'homme). On les appelait « les mères ».

Il y eut notamment la mère Filloux, pionnière en la matière, et la mère Brazier, première femme lyonnaise à avoir épinglé sur sa devanture le trio d'étoiles Michelin. Après avoir été au service de maisons bourgeoises, plusieurs de ces « mères » se sont mises à leur compte. Leurs tables alliaient les cuisines bourgeoise et populaire, avec pour sauce une recette unique faite de raffinement, de tradition et de simplicité. Elles servaient notamment les canuts, qui n'étaient pas toujours tout nus, ouvriers de la soie et fondateurs de cette autre immense réputation de la ville.

Sinon, à Lyon, vous avez Fourvière, sa basilique, son pèlerinage, sa cloche, sa colline, sa vierge, son tunnel, ses bouchons. Et sa racine latine : Fore Vitere, comme « vieux forum ». Ce qui n'est pas toujours du goût des vacanciers de passage, lorsque sous le tunnel les pots d’échappement, généralement de centre-gauche maladroit, s'empaillent avec les batteries électriques, plutôt de centre-droit un peu gauche. Le tunnel de Fourvière n'est pas ce que vous croyez. C'est juste la preuve qu'on n'obtient rien sans rien, et que le droit d'entrer dans cette cité merveilleuse ne saurait se faire sans un minimum d'efforts.

Lorsque vous avez franchi cet obstacle (qui n'en est plus vraiment un si vous écoutez bien Bison Prudent), vous voici libre, heureux, ravi, ravissant, partant flirter avec le Rhône, puis troussant la Saône. Lyon est une ville tellement française !

Et puis vous verrez les traboules. Ils reliaient le quartier des tisseurs à celui des soyeurs, de façon directe, en évitant les axes habituels. D'où la formule « le chemin de traboule ». On dit aussi chemin de traverse. Ou carrément chemin de travers, c'est comme vous le sentez.

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