Montauban et ses gugusses

La première fois que j’ai fait mon CV, à la fin, là où tout le monde colle « loisirs » ou « hobbies », moi j’avais mis « violons dingues ». Un pote m’avait dit « mais que t’es con ! C’est violons d’Inde ». Alors, comme je voulais sortir de l’ordinaire (pour le coup, c’était gagné), j’avais mis « violons indiens ». Non mais quel cancre ! Il me fallut quelques poils au menton supplémentaires pour savoir que c’est « violons d’Ingres », comme le peintre de Montauban, Jean-Auguste Dominique Ingres. L’expression est née de là, de lui, car le violon était son passe-temps favori.

Un autre Montalbanais – qui ne le fut que le temps d’un film – avait, quant à lui, pour loisir favori d’éviter d’aller au violon. C’est Lino Ventura. Dans « Les tontons flingueurs », souvenez-vous, il est un vendeur de machines agricoles arrivé de Montauban, que Raoul Volfoni, alias Bernard Blier, appelle « le gugusse de Montauban ». « On devrait jamais quitter Montauban », déclame Ventura à la fin du film. Ce qui, compte-tenu du bilan des blessés et tués, n’est pas faux.

On ne devrait jamais quitter Montauban. Peut-être. À vous de voir. On ne devrait jamais oublier d’y aller, surtout. Tous les violonistes vont s’y retrouver. Amateurs d’art, d’architecture, de balades, de marchés (superbes), de musées. Tous gugusses de Montauban ! On ne devrait jamais quitter cette ville bien plus rose que Toulouse ! Oui, plus rose ! Sans doute parce que la brique rouge y est plus briquée, plus nombreuse, plus rouge, je ne sais pas. C’est comme ça, les mythes, c’est fait pour être cru. Et quand c’est cuit, comme dirait Volfoni, on se la joue grand seigneur, on la ramène pas.

Découvrez dès maintenant toutes nos offres de séjours en Occitanie

Photo : Office de Tourisme de Montauban / Patrick Batard

Partagez

+ d'articles...