Petite histoire des grands ponts (7/8) : Bretagne et Normandie

Mai, c'est le mois des ponts, de ces congés à rallonge que nous envie la terre entière (bande de jaloux !). C'est une belle occasion de partir en balade dans la petite histoire des grands ponts.

Aux Jeux Olymponts

L'histoire mondiale des ponts nous révèle une vraie course d'endurance. C'est à qui arrivera en tête avec le plus gros, le plus long, le plus haut... Et c'est peu de dire que la France, dans ces JO des ponts, s'est invitée souvent sur le podium. L'histoire du pont de Normandie en dit long sur le sujet. Planté sur les communes du Havre et de Honfleur, il bat Shanghai (sur la portée principale du pont) de 250 mètres en 1994. Victoire de courte durée car en 1998, c'est le pont Tarara au Japon qui prend la tête de la course mondiale.

À pieds, c'est le pied !

Un très beau pont grec sera un temps maître de l'épreuve, avant qu'un Français, le viaduc de Millau, reprenne l'avantage. Le pont de Normandie est spectaculaire en voiture, c'est presque une impression de vol que l'on attrape au vol. Sachez que vous pouvez le prendre aussi à pieds ou à vélo. C'est le pied !, et je ne dis pas ça pour le jeu de mots. D'autant que là-haut, vous avez tout votre temps pour admirer au loin le pont de Tancarville.

Tancarville en 346 422 allumettes

Le pont de Tancarville est bien plus vieux. Pour tout vous dire, c'est le maréchal Pétain, en 1940, qui signe l'acte de sa construction. C'est pourtant d'un autre bonhomme dont on se souvient lorsqu'on évoque ce pont à cheval sur la Seine-Maritime et l'Eure : Jacques Villeret, alias François Pignon, dans « Le dîner de cons ». Souvenez-vous comme il était tout fier de présenter sa maquette du pont de Tancarville réalisée avec 346 422 allumettes !

Le hublot à l'eau, c'est ballot !

Nous voilà à Bénodet, dans le Finistère, qui nous présente son pont de Cornouaille. Mieux que le pont, c'est l'histoire du franchissement de l'estuaire de l'Odet qui est passionnante, truffée d'anecdotes. Avant le pont, on passait d'un côté à l'autre à l'aide de bacs, dont l'un coula un jour, bêtement, parce que son patron avait oublié de fermer un hublot. C'est pas le scandale du Costa Concordia, mais c'est tout de même ballot.

Brest romanesque

Conseil en passant, puisque vous êtes sur l'Odet, testez aussi les côtés, remontez jusqu'à sa source, à Saint-Goazec. Son château de Trévarez, de style néogothique, est de toute beauté. On le nomme là-bas « le château rose ». La nature diverse, tout au long de l'Odet, va aussi vous surprendre. Trêve de parenthèse, remontons sur le pont, celui de Recouvrance en l'occurrence, à Brest. Comme le pont de Cornouaille, son histoire d'avant est romanesque.

Le temps des passiers de la Penfeld

Ce pont de Recouvrance, plus grand pont-levant d'Europe dans les années 50, franchit la Penfeld. Pour pratiquer ce genre de sport, longtemps il fallut aux Brestois s'en remettre à des « passiers ». Ils embarquaient les passagers qui devaient parfois s'improviser conducteurs de barque : « souvent ivres, les bateliers laissaient la manœuvre aux passagers, les accidents étaient fréquents et chaque noyade remettait en question ce système ».

Polémiques à Morlaix

Des polémiques, on en connut aussi à Morlaix avant la construction du viaduc (photo). C'est son emplacement en plein cœur de la ville qui chiffonne les habitants et les élus. En mai 1860, quinze d'entre eux démissionnent pour signifier leur désaccord. Des départs qui n'impressionnent pas le constructeur qui poursuit son petit bonhomme de chemin de fer, jusqu'en 1865, année de la mise en service du viaduc ferroviaire.

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Crédit Photo : 20 Minutes

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