Petite histoire des grands ponts (8/8) : Hauts-de-France et Île-de-France

Mai, c'est le mois des ponts, de ces congés à rallonge que nous envie la terre entière (bande de jaloux !). C'est une belle occasion de partir en balade dans la petite histoire des grands ponts.

40 mois en 4 minutes !

Comme dans les musées, on démarre notre visite par un petit film. Ça se passe à Beauvais (Oise), c'est l'histoire de 40 mois de reconstruction du pont de Paris, résumés en quatre minutes. Avez-vous remarqué, grâce à ce film, de quelle façon un pont peut révolutionner un paysage, modifier la configuration d'une ville, son organisation, son développement ? On l'oublierai presque mais le pont est d'abord un outil de travail, un truc pour aller au taf !

Lille et son pont de triomphe

Le pont de Beauvais c'est bien beau mais puisque vous êtes dans le coin, faites un crochet vers la cathédrale gothique, exceptionnelle, présentant deux particularités : 1- elle est la plus haute de France 2- elle n'est toujours pas achevée ! Prenons maintenant la direction du haut des Hauts-de-France, on stoppe à Lille dont l'un des ponts nous raconte qu'il aurait aimé être arc de triomphe.

Drôle de mariage

Le pont Napoléon à Lille me fait penser à un mélange de Venise et de canal Saint-Martin. Drôle de mariage, me direz-vous ! Je suis d'accord. Voilà donc pour le côté esthétique et de très bon goût. Pour l'aspect historique, ce pont est d'abord un support sur lequel sont gravées les grandes victoires napoléoniennes. Les Allemands ont effacé tout ça lors de la Première Guerre mondiale. Valmy, Rivoli, Marengo, et hop, à la trappe !

Cas unique en Europe

En 1918, les Allemands ne prennent même plus de gants, ils le détruisent de long en large, tout comme en 1944. C'est en 2014 que le pont est complètement refait, soit 200 ans après sa création initiale. Il était alors un cas unique (pas très longtemps) en Europe, pour la simple raison qu'il avait un toit. Mais pour bien parler de toits, il faut qu'on empoigne notre guimbarde, qu'on aiguise nos cordes vocales et qu'on prenne la direction de Paname.

Hôtels des courants d'air

Établir une sélection des ponts de Paris à visiter, c'est un truc à la 007, mission impossible ! Pas tant que ça, en fait, c'est juste une question de temps. Pour attraper la diversité parisienne d'un seul regard, offrez-vous un hors d’œuvre avec le pont Neuf et le pont des Arts (photo). Pour l'apéro, fredonnez la célèbre rengaine « sous les ponts de Paris... tsoin tsoin... hôtels des courants d'air où l'on ne paie pas cher». Ça nous rafraîchit la mémoire, qui nous rappelle que le pont n'est pas qu'un transport, c'est un toit.

1 million de cadenas, et moi, et moi, émoi

Le retrait des cadenas du pont des Arts a ému nombre de tourtereaux. La tradition de ce cadenas attaché à la grille du pont, dont la clé était ensuite jetée dans la Seine, n'est pas si vieille. Elle est née en 2008. Pourtant, c'est un million de cadenas que la mairie a retiré en 2015, représentant 45 tonnes ! Puis-je vous avouer que j'ai connu quelques tourtereaux repentis qui rêvaient des années plus tard de revenir... pour y attacher leur conjoint et récupérer leur cadenas (ceci est une minorité, restons romantiques !).

Le (très très) vieux pont Neuf

On termine par le pont Neuf, juste pour vous dire la bizarrerie de celui-ci. Neuf, c'est son nom. Mais il est le plus vieux de Paris. Et si un jour on vous dit ceci : « ta chanson, c'est un pont Neuf », sachez que ça sent le roussi. C'est une expression qui remonte à loin (elle n'est plus utilisée), fondée à une époque où on chantait beaucoup sur ce pont et qui « désigne un air très connu sur lequel on met d'autres chansons ».

Programmez dès maintenant vos prochaines vacances dans les Hauts-de-France !

Photo : lalibre.be

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