Prendre le temps de perdre son temps

On ne se rend plus compte de la révolution que constitue une autoroute : en quelques heures, aller d'un bout à l'autre du pays en voyant défiler ses différences, ses paysages, ses noms, ses ciels, ses spécialités. Il faut pourtant, de temps en temps, savoir prendre le temps de perdre son temps, de bifurquer, prendre la tangente et la première départementale en vue.

À Bouloire et Saint-Calais, dans la Sarthe

Illustration avec la D357, entre Le Mans et Orléans : une petite route comme on en faisait dans les années 70, bordée de souvenirs et de découvertes magnifiques. C'est la France de près. En quittant Le Mans, la première étape vous conduit à Bouloire où la place du village, quoique fendue par la départementale, conserve son charme. Elle est illuminée par une église Saint-Georges du XIIe siècle dont la pierre est de couleur estivale.

Capitale mondiale du chausson aux pommes

Juste avant le Loir-et-Cher, vous verrez cette pancarte à l'entrée de Saint-Calais : « petite cité de caractère ». Je dis oui. Laissez tomber le GPS, quittez la départementale, enfilez-vous dans les petites rues, lâchez votre bagnole, vous allez au devant d'un décor parfait de petite ville campagnarde. Petite par la taille, grande par le chausson aux pommes : Saint-Calais est la capitale mondiale du chausson aux pommes, créé par des pâtissiers calaisiens il y a 400 ans. 

À Danzé, dans le Loir-et-Cher

Votre GPS vous remet vite sur la bon chemin, vous conduit à Montplaisir puis Epuisay, avant de rejoindre Danzé où les limitations de vitesse il faut que vous respectiez. Ainsi, à 30 km/h, vous ne louperez pas (c'est sur votre gauche) cette bâtisse imposante, qui dénote un peu dans le paysage de ce village-rue aux maisons simples. Au fronton, une magnifique gravure à l'ancienne vous indique que se tenait là, droit, l'Union des Association Agricoles de Loir-et-Cher.

Les choses simples de la vie

Ce sont des paysages simples qui vous accompagnent jusqu'à Orléans, de vastes champs, un château d'eau – à Busloup – perdu au milieu de nulle part, fier comme un phare. À l'entrée de Fréteval, sur cette longue rue où les trottoirs entaillent la route pour faire ralentir, un petit stade sympa-typique de campagne vous accueille. Derrière la haie du stade, en fermant les yeux (stoppez avant !), on imagine tout ce qu'un village a pu vivre ici, de joies, de fêtes, de victoires, de kermesses, de ballons en tous genres. Si vous rouvrez les yeux et les oreilles, vous apprendrez qu'ici trône « l'un des plus anciens donjons circulaires de France ».

Les revers de la médaille.

C'est comme tout, chaque médaille a son revers. Rallier Orléans de cette manière fait perdre une bonne heure (bien davantage si vous testez les Routiers), mais ceci est un délicieux revers. Il y en a de plus ennuyeux, par exemple se retrouver collé derrière un immense camping-car, qui a eu la même bonne idée du chemin de traverse et vous bouche la vue. Mais ceci n'est pas un camping-car, c'est un signe ! Laissez-le courir devant, damez-lui le pion, prenez une sous-tangente, une route communale. Ou une forestière, si vous avez les bonnes grolles dans le coffre et le petit plaid pour la sieste.

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