Routes thermales

Résumons. Si les Romains et Napoléon III ne s'étaient pas mêlés de nos affaires, on n'en serait pas là ! On leur doit largement notre réseau de villes thermales et les routes qui les connectent.

En partant de Lourdes

Tout a démarré avec les Romains, envahisseurs de la Gaule et grands amateurs de bains, puis plus tard avec une histoire de goutte (logique, me direz-vous !). Il s'agit, non de la goutte d'eau ou de la gnôle, mais de la goutte de l'empereur. Napoléon III rentre de Magenta avec une victoire et une crise de goutte (sorte d'arthrite). Il décide alors d'entamer un rallye des villes thermales en démarrant par la route menant de Lourdes à l'Espagne, via Gavarnie. De ce périple, il en revient avec l'idée de relier certaines stations thermales entre elles, par des chemins qui deviendront plus tard des routes.

Une idée derrière la tête

Il va d'abord en créer quatre dans les Pyrénées. Mais le petit Napo a une idée derrière la tête. Au-delà de la liaison entre les villes d'eau, ces routes deviendront des circuits touristiques, y compris pour les porteurs de bilan de santé au poil. Ces routes représentent aussi un atout stratégique, car frontalières de l'Espagne. Enfin, la création de ces voies va mettre à jour des richesses naturelles, minières ou forestières.

Les siffleurs d'Aas

L'une de ces routes thermales connecte Eaux-Bonnes (qui ne saurait trahir son statut thermal !), dans les Pyrénées-Atlantiques, et Argelès-Gazost, dans les Hautes-Pyrénées. À Aas, ancienne commune désormais intégrée aux Eaux-Bonnes (on dit aussi « à Eaux-Bonnes »), vous ferez la connaissance de l'histoire des siffleurs... non pas de verres de flotte mais de messages. C'est une langue chantante, en quelque sorte, qui permettait aux habitants de communiquer entre vallées, de très loin et en sifflant. « Ce langage sifflé est à base d'occitan gascon du Béarn ».

La forge de cloutier d'Aucun

Ce trajet Eaux-Bonnes / Argelès vous fera franchir plusieurs cols, dont celui de l'Aubisque. Ainsi, vous croiserez ou longerez une autre de ces Routes touristiques de France : la Route des cols. À moins d'une panne de boussole, vous passerez aussi par Aucun, qui porte mal son nom puisqu'il abrite un remarquable musée montagnard présentant des outils d'artisans et bergers du Lavedan, dont une forge de cloutier unique en France.

Le culte de Vichy

Napoléon III et son Eugénie ont écumé la plupart des villes d'eaux. En Auvergne, ils se sont intéressés de très près à Vichy. La ville voue aujourd'hui encore un certain culte à l'empereur. Huit routes seront créées à leur initiative autour de Vichy. Plus largement, le thermalisme dans le Massif central, ce sont aujourd'hui 17 villes, sur huit départements des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté.

Dans le midi de la Lorraine

On trouve des routes thermales dans d'autres régions françaises et parfois sur de minuscules périmètres. C'est le cas dans les Vosges où la Route associe Vittel, Contrexéville, Bains-les-Bains et Plombières-les-Bains. Cette dernière nous rappelle que les villes d'eaux ont également connu le succès grâce à la présence de people. Dans cette petite ville du « midi de la Lorraine », on voyait défiler les Voltaire, Berlioz, Montaigne, Lamartine, Louis XV ou Beaumarchais, dont la première du Mariage de Figaro ne fut pas jouée à Paris (diantre !) mais à Plombières.

Photo : à Ax-les-thermes (Ariège) / © Office de tourisme des vallées d'Ax

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