Saint-Jean-d'Angély : fantomatique et fantastique

En virée en Charente-Maritime, surtout, ne zappez pas ce moment. Arrêtez-vous à Saint-Jean-d'Angély, entre Angoulême et les îles de Ré et d'Oléron, et jetez-vous sur l'abbatiale Saint-Jean-Baptiste. C'est impressionnant. Elle est difficile à vous décrire. Elle est inachevée, c'est sûr, ce qui lui donne un air mystérieux et crée une ambiance fantomatique. Le matin, à condition qu'il ne pleuve ni ne brouillarde – encore que ! - c'est un instant très rare que vous allez déguster.

Entrez dans l'église éventrée

Pour vous assurer le meilleur effet de surprise, arrivez par le côté face (donc, depuis le cœur de ville, prenez la rue de l'abbaye) et de là, vous voyez d'abord une église et ses deux tours. Longez ensuite le bâtiment et entrez dans l'église éventrée. Au printemps, lorsque la végétation inonde l'endroit de petites touffes d'arc en ciel, que le soleil vous fait de l’œil à travers d'invisibles vitraux, vous tombez en grâce... enfin, presque, ça dépend si vous avez comme moi un mec derrière qui démarre sa Motobécane orangée.

Ambiance lunaire

Dans le domaine de l'architecture inachevée, Saint-Jean d'Angély est un exemple de taille en France. Je vous recommande aussi la cathédrale de Beauvais, l'église de Léojac, dans le Tarn-et-Garonne, à côté de Montauban, celle-ci crée un paysage lunaire. Bétonnée, en plein pré, de la taille d'une basilique, elle est l’œuvre lacunaire d'un curé fauché et frappé par la folie des grandeurs. C'est top ! Difficile de comprendre, sinon avec d'obscures histoires de propriétaires, pourquoi ce lieu n'est pas encore possédé par les artistes.

Vraie querelle de clochers

En Ardèche, entre Privas et Alès, ce n'est pas seulement une église inachevée que que vous dégotez, c'est peut-être l'origine de l'expression « querelles de clochers ». Si l'église de Saint-Genest de Beauzon n'a pas de toit, on le doit à une bataille entre deux hameaux du village. Chacun voulait son église et tous les habitants, de part et d'autre, ont mis la main à la pâte pour finir les premiers. C'était une sorte de jeux Intervilles avant l'heure. La première fut achevée et consacrée, la construction abandonnée tandis que le phylloxera s'emparait de ce viticole village.

Rococo qui cause

Revenons à Saint-Jean d'Angély, doublement surprenante. Pour une ville de cette taille – 7000 habitants – elle dispose d'un patrimoine impressionnant, où les styles se mélangent, où le rococo cause avec l'art-déco, le néo-gothique fait du gringue au roman. Entre autres sympathies à saisir : une salle Aliénor-d'Aquitaine monumentale, de multiples maisons en pans de bois, un beffroi, quelques hôtels particuliers, de petites rues tendres, une fontaine du pilori à la drôle d'histoire, un office de tourisme à l'accueil jovial, de vieilles enseignes charmantes, un excellent caviste, une place lumineuse...

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