Sète et son horizon généreux

Tentez « Cette » ! L'effet est immédiat, vous verrez. Quelqu'un va vous faire remarquer votre inculture géorthographique, vous rétorquerez, satisfait de votre effet, que c'est ainsi qu'on écrivait jadis le nom de cette ville héraultaise. De ce « Cette », venu de cétacé, vient la baleine qui barbote au cœur du blason sétois, sur un fond de fleurs de lys rappelant que Louis XIV n'est pas pour rien dans l'épopée fantastique de la ville. C'est le Roi Soleil qui ordonne en quelque sorte la création de la ville. « En trois semaines, il demanda à l'intendant du Languedoc de construire en trompe-l’œil un bout de ville en bois avec des toiles géantes peintes. Le jour J, un 29 juillet 1666, on organisa un grand tournoi de joute. Le premier d'une longue série... »

Brassens, les Shadoks, César et Rosalie

Sète vient de loin. Sète voit loin. Parce que son horizon est généreux, ses plages larges (douze kilomètres au total), son soleil fidèle et son port réputé. Parce qu'elle est une cité de culture. La ville aux dix festivals accumule aussi les expos, les bonnes raisons de déambuler et les musées, dont le surprenant MIAM, Musée International des Arts Modestes. « Un objet d'art modeste – nous explique l'un des chefs-cuistots de MIAM – est un objet extrait du quotidien qui n'est pas vraiment utilitaire mais sollicite fortement l'imaginaire et suscite un plaisir esthétique ». Les célèbres Shadoks sont assurément de cette fratrie et font donc l'objet (pas si modeste) d'une belle expo au MIAM que vous devriez aller voir en courant.

En passant, pensez à ce bon Brassens natif de Sète, et sautez sur l'occasion pour revisionner un Sautet, « César et Rosalie » par exemple, tourné ici, entre autres nombreux films. Et si la mer qu'on voit danser est un mouvement créé par un Trénet voisin (Charles est né à Narbonne et ce n'est pas si loin), sachez que l'essentiel est peut-être ceci : la mer à Sète garnit royalement les tables.

Notez que Sète a son village vacances Cap France, le Lazaret, dans une pinède de trois hectares avec accès direct et privé à la plage (sans route à traverser).

Photo : Olivier Maynard / Office de Tourisme de Sète

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