Bonne fêtes Mamans

Parce qu'elles le valent bien, comme dit l'autre, voici une Minute Week-end spéciale Fête des Mères (c'est dimanche, n'oubliez pas !). Une fois n'est pas coutume, on va d'abord partir loin de France, à Astapovo en Russie, où est né Léon Tolstoï. L'auteur de Guerre et Paix était aussi l'auteur de ceci : « L'épouse, c'est pour le bon conseil, la belle-mère, c'est pour le bon accueil mais rien ne vaut une douce maman ».

L'amour-océan d'une mère

On pourrait aussi faire un tour au Japon, cueillir ce proverbe idéal pour ceux qui voudraient faire d'une pierre deux coups, fêter en même temps mères et pères (la Fête des Pères, pour info, c'est le 17 juin) : « L'amour d'un père est plus haut que la montagne. L'amour d'une mère est plus profond que l'océan ». Mais revenons en France, à Saint-Malo par exemple, ville natale de Chateaubriand qui a produit cette citation : « Il suffit qu'une mère voit sourire son enfant pour être convaincue de la réalité d'une félicité suprême ».

Artas en Isère, berceau de la Fête des Mères

Nous pourrions rallier ensuite l'Isère, aller faire un tour à Artas (photo), entre Lyon et Grenoble. Cette petite ville rhônalpine revendique le titre de « berceau de la Fête des Mères ». C'est là en effet, le 10 juin 1906, pour la première fois en France, qu'eut lieu une cérémonie de Fête des Mères. La thèse artasienne est sans doute attestée par l'Institut de France, qui conserve précieusement le diplôme remis ce jour là dans la ville iséroise.

Haut mérite maternel

Deux mamans de neuf enfants reçoivent ce diplôme, prix du « Haut mérite maternel » créé par Prosper Roche, fondateur d'une association... très paternelle, l'Union fraternelle des pères de familles méritants d'Artas. L'extension à toute la France d'une première version de la Fête des Mères est plus tardive. On la fixe à 1920, sous le titre de Journée nationale des Mères de familles nombreuses.

La maman du petit Zeus

En 1929, cette reconnaissance annuelle aux mamans prend le nom de Journée des mères. Une journée qui se politise en 1942, avec le Maréchal Pétain. En 1950, la Fête des Mères est officiellement « au quatrième dimanche de mai, excepté si la Pentecôte tombe le même jour ». On peut remonter plus loin dans le temps pour dénicher les premiers souvenirs de Fête des Mères. Et même très loin, avant Jésus-Christ, dans la Grèce antique, où l'on honorait la mère de Zeus.

Mamans pacifiques

Très tôt aussi, les Chrétiens célèbrent la maternité, notamment au quatrième dimanche de carême. Au fil du temps, d'autres journées naissent, dédiées aux mères et s'adossant parfois à des revendications. Aux États-Unis, au XIXe siècle, la Journée de la mère est une invitation faite « aux mamans du monde entier » à s'unir pour la paix.

L'histoire des fleurs

Dans cette longue (et chaotique) histoire de la Fête des Mères, une Américaine détient une place d'honneur. Anna Jarvis est la mère de la Fête des Mères en version internationale. Sans le vouloir, elle est aussi à l'origine des fleurs associées à cette fête. En 1908, elle doit présider une cérémonie organisée en l'honneur des mères, mais ne pouvant finalement s'y rendre, elle envoie un télégramme et 500 œillets blancs. Quelques années plus tard, elle sera à la pointe du combat contre la commercialisation de la fête. S'il y a une maman que les fleuristes et vendeurs de cartes postales américains n'aimaient pas, c'est bien elle !

Immortelles

On aura aussi une pensée dimanche pour ceux qui ont perdu leur maman. L'ont-ils vraiment perdue ? Voici en guise de cadeau l'avis de Gérard Depardieu (je sais, ça surprend pour une fête des mères) : « J'ai pas pleuré à la mort de mon père, de ma mère, de Carmet, de Barbara et de Truffaut. Car, pour moi, tous ces gens que j'ai aimés, ne sont pas morts. Ils sont là, sans arrêt, autour de moi, et nous nous parlons ».

V.H.

Crédit Photo : Mairie d'Artas

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