Chronique de la marche ordinaire : le pluvieux

 « Pluie du matin n'effraie pas le pèlerin », qui ne connaît pas cette vieille maxime ? On l'utilise beaucoup en mode métaphore, pour indiquer qu'on ne baisse pas la garde au premier obstacle. Le dicton marche aussi très bien au premier degré : soyons pèlerin et aimons la pluie.

Un ciel gris, quelle beauté ! Une pluie, quel délice ! Les publicitaires pourtant hésitent à les montrer. Or, une catégorie de marcheurs adore la pluie, fine ou diluvienne, chaude ou froide. Savez-vous pour quelles raisons ?

D'abord, il y a les marcheurs pluvieux qui disent retrouver sous la pluie (et dans les flaques d'eau !) quelques souvenirs de leur enfance. Les observateurs (et les photographes) signalent qu'une ville, ou un forêt, est radicalement différente sous la pluie ou sous le soleil, ce sont deux paysages distincts, deux mondes.

Dans le registre psy, quelques marcheurs-connaisseurs de l'étude de nos esprits, invitent à randonner sous la pluie pour « nous libérer de nos autopollutions négatives ». Le comble : certaines cures thermales proposent des massages « avec des douches d'eau de pluie, pour lutter contre le stress et l'angoisse » (la pluie en forêt ou dans la rue, c'est top aussi et c'est gratos !). Côté médical, il est également souligné que « la pluie participant au renouvellement de l'air, elle contribue à réduire l'asthme ».

En faisant un petit sondage auprès de quelques marcheurs pluvieux, j'ai aussi noté ceci. En cas de pluie : 1- vous êtes beaucoup moins nombreux, beaucoup plus peinards sur les sentiers 2- vous attrapez des parfums extraordinaires 3- le bruit de la pluie est apaisant 4- vous appréciez d'autant plus votre maison-cocon à votre retour 5- vous découvrez une faune spécifique, grenouilles, escargots... ce que n'avait pas manqué de relever l'auteur Paulo Vincente : « La pluie produit deux phénomènes contradictoires. Elle fait apparaître les escargots et disparaître les taxis ».

V.H.

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