Et vous, le dimanche ?

Ah, les Français et leur dimanche ! On en écrirait des tonnes sur le sujet. Plusieurs chanteurs ont disserté sur ce jour dit « du seigneur ». Bécaud, dans son « Dimanche à Orly », fredonne une époque où l'égalité hommes - femmes voguait bien loin. Écoutons-le : « le dimanche, ma mère fait du rangement. Pendant que mon père, à la télé, regarde les sports religieusement... ».

Grasse mat', mamie, papy

Aznavour a chanté « Je hais les dimanches ». Trénet, de son côté, affirmant que « les enfants s'ennuient le dimanche ». À travers des chansons, mais surtout des sondages, des études ou des articles, on perçoit d'abord une grande diversité d'avis. Le dimanche, certains adorent, d'autres détestent, les uns aiment ses matins (pour la grasse mat'), les autres raffolent de ses midis (chez mamie) avant de haïr ses soirs.

D'abord passer du temps en famille

Un sondage CSA révèle que l'occupation préférée des Français le dimanche est « de passer du temps en famille » (65%). « Ce sont les 35-49 ans qui citent le plus la famille en premier, puis les 50-64 ans. Au contraire, les 18-24 ans ne sont pas des adeptes du gigot chez papa et maman, seuls 30% placent la famille en tête ».

Se promener pour se vider la tête

Pour 56% des sondés, la promenade est une occupation dominicale de premier plan (photo © Ouest-France). Sans doute, parce qu'elle offre un sentiment de liberté. La liberté qu'on perd un peu, beaucoup, dans une semaine de travail où l'on est généralement soumis à des contraintes. « La promenade permet de se vider la tête », analyse Yves-Marie Cann, directeur de l'opinion à l'institut CSA.

Jardiner, bricoler, lire...

Jardinage et bricolage sont bien placés aussi (27%), mais ces deux activités sont devancées par la télévision : 41% des Français installent le petit écran parmi leurs trois occupations dominicales préférées. Histoire de se vider la tête aussi ! En 4e et 5e position, arrivent la lecture d'un livre (24%) et le cinéma (21%).

Les sportifs du dimanche

Pour Yves-Marie Cann, le jardinage et le bricolage correspondent également « à un besoin de s'aérer l'esprit », sans doute comme le sport, cité par 16% des sondés. Les sportifs du dimanche, randonneurs, joggeurs, cyclistes en premier lieu, veulent aussi entretenir leur santé et leur corps de rêve. N'en déduisons pas forcément des grandes intentions : parfois, il s'agit simplement d'aider à la digestion de l'interminable petit-déjeuner ou de l'énooooorme banquet familial.

Arrêt total pour 5%

Ce sondage souligne que 5% d'entre nous optent pour le zéro-activité. Ils glandent et assument (et revendiquent) le droit de perdre du temps (ces glandeurs du dimanche sont aussi, parfois, les hyperactifs de la semaine). Leur dimanche se résume à la mise au four d'une pizza rescapée de la veille au soir. Pour certains, l'arrêt total du réacteur s'opère au lit : on ne se lave pas, on ne se lève pas !

Galipettes, messe et ménage...

Toutes les activités du dimanche ne sont pas passées au crible, il y en a bien d'autres, dont la virée au cimetière, la visite aux voisins, aux copains, les galipettes, le pique-nique, les jeux de société, l'astiquage de l'auto, le tiercé, le bistrot, le ménage, le rangement, le repassage, la cuisine (comme les sportifs, il y a les cuisiniers du dimanche), la messe, l'activité associative, le shopping... et le travail !

30% des Français travaillent le dimanche

Selon une étude du ministère du Travail, 30% des Français travaillent le dimanche, de façon occasionnelle ou systématique. On trouve ces travailleurs parmi les professionnels de santé, les artisans, les commerçants, les fonctionnaires d'astreinte, policiers, pompiers, etc. Quant à l'ouverture des magasins le dimanche, la question semble tranchée : aujourd'hui, trois-quarts des Français y sont favorables.

Le dimanche français est glamour... selon les étrangers

Il est intéressant de confronter ces sondages et études à une analyse moins rationnelle (mais plus drôle), dégotée sur le site polyglotworld. L'auteur de l'article « Mais que font les Français le dimanche ? » s'amuse à « décrypter six activités phares d'un dimanche en France, que les étrangers ont tendance à idéaliser jusqu'à les ériger en stéréotypes glamour ».

On tient à notre réputation !

Voici les principaux mythes français, imaginés par les étrangers. L'auteur du site les nuancent sans pour autant les détruire (merci, on tient à notre réputation glamour !) : les croissants du dimanche, la course dans les parcs, les rois de la perceuse, la lecture à la terrasse d'un café, l'écumage des puces et brocantes et le ciné du dimanche soir.

Le blues du dimanche soir

Celui-ci n'est pas un mythe : le bourdon, le cafard, le blues du dimanche soir. Une majorité de Français redoute le dominicus-crepusculus. Il est le terne synonyme du lundi qui se pointe avec ses sonneries et ses horaires : « pour les adultes, ce blues vient du malheureux constat que le temps passe et que l'on ne peut rien y faire. Le dimanche soir, on dit au-revoir au temps libre du week-end pour retrouver le temps imposé de la semaine », explique le psychiatre Marcel Rufo.

Les rebelles

Mais il y a les rebelles, ceux qui refusent les soirs tristes du dimanche. Chacun finit le week-end avec sa petite (ou grande) solution. Le magazine Madame Figaro avait interviewé plusieurs personnalités sur ce sujet il y a quelques années. Tandis que le chef Alain Ducasse « se débrouille toujours [s'il a quitté Paris le week-end] pour rentrer le plus tard possible », la journaliste Colombe Schneck « prépare des œufs à la coque pour ses enfants », les couche et écoute Le masque et la plume sur France Inter.

La solution « caravane »

La créatrice Anne-Valérie Hash suggère « un bon film au cinéma, pour penser à autre chose et plonger dans un autre univers ». Quant à Marc-Olivier Fogiel (qui « adore » pourtant les dimanches), il solutionne la question à coup de potes : « Presque tous les dimanches, nous avons un dîner traditionnel avec une bande que nous appelons "caravane". J'ai intégré cette caravane grâce à Claire Chazal. Cette bande est quasiment devenue une famille. Nous nous retrouvons chez les uns et les autres. C'est une parenthèse avant de replonger dans la semaine ».

V.H.

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