Grenoble : quelle histoire !

C'est plutôt sympa et très instructif de se balader à Grenoble ou dans ses environs en ayant parcouru, avant, quelques livres d'Histoire de France et du Dauphiné. Vous ferez en fait une promenade dans l'Histoire, la grande, celle de la Révolution Française, dont quelques prémices sont grenobloises, ou celle de Napoléon Ier, qui doit beaucoup aux Dauphinois.

Capitale du Dauphiné

Grenoble va réellement compter et se développer en devenant capitale, au XIe siècle. Ce sont les comtes d'Albon, seigneurs du Dauphiné de Viennois – qu'on appelait alors les Dauphins de Viennois – qui en décident ainsi. Grenoble est capitale d'un État, puis d'une province française (qui réunit en gros les actuels départements de l'Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes)... une province turbulente qui ne s'en laisse pas conter.

Ville indéfendable

Sa position stratégique fait d'elle l'objet de bien des attentions, dont celles d'architectes, d'urbanistes et de militaires. Leurs interventions successives modifieront l'aspect de la ville à plusieurs reprises. Vauban y mettra aussi son grain de sel, après deux visites de la ville au cours desquelles il s'inquiète pour « cette ville indéfendable ». Son projet colossal ne sera d'ailleurs que très partiellement réalisé de son vivant.

La journée des tuiles

Quelques mois avant la Révolution Française, Grenoble fait à nouveau parler d'elle. On est en 1788 et Louis XVI envisage de réduire les pouvoirs et l'autorité des parlements de province. Le 7 juin 1788, la rumeur circule en ville, elle enfle, il se dit que les parlementaires font leurs valises. Très vite, c'est l'émeute, les troupes royales sont ciblées, on se bat en ville, y compris à coups de pierres et de tuiles, d'où le nom de « Journée des tuiles ».

Prélude à la Révolution Française

Cette journée historique, qui fera trois morts, est souvent présentée comme « un prélude à la Révolution Française ». C'est à la suite de ces émeutes que les États Généraux du Dauphiné seront réunis au château de Vizille, dans la salle du Jeu de paume. Ces États Généraux, réunissant prêtres, nobles et représentants du Tiers-Etat, annoncent en quelque sorte les États Généraux de Versailles, convoqués dix mois plus tard par Louis XVI.

Des pierres de la Bastille

C'est donc un immense épisode de notre histoire qui se déroule en 1788 à Grenoble et à Vizille. Le château de Vizille, à une vingtaine de kilomètres au sud de Grenoble, est devenu le Musée de la Révolution Française. C'est à visiter vraiment si vous êtes en goguette dans la région : « Les peintures et les sculptures révolutionnaires forment un ensemble exceptionnel d'une grande diversité de styles et de genres. Plusieurs bustes offrent les traits fidèles de personnages célèbres, tels Barnave, Bailly, Mirabeau et Robespierre. Parmi les objets les plus singuliers figurent des pierres de la Bastille et les sabres de la Garde nationale ».

La prairie de la rencontre

Grenoble remet le couvert en 1815 et se réinvite dans l'Histoire de France. Le 7 mars aurait pu voir disparaître Napoléon. Au contraire, il signe là son retour. Parti de l'île d'Elbe, où il était exilé, il remonte vers Paris et non loin de Grenoble, à hauteur du lac de Laffrey, fait face aux troupes royalistes. Face aux soldats, il s'avance, montre son poitrail et déclare : « S'il est parmi vous un soldat qui veut tuer son Empereur, il peut le faire, je viens m'offrir à vos coups ». Malgré les ordres, pas un ne tire. Ce lieu, qu'on appelle « la prairie de la rencontre » est à voir, il est intégré à la Route Napoléon.

Les souvenirs du petit Stendhal

Le soir, c'est une ville de Grenoble en liesse qui l'accueille et c'est bien plus que des « hourra ! vive l'Empereur ! » qu'elle lui offre, c'est un retour sur la scène. À Grenoble, Napoléon loge à l'Auberge des Trois Dauphins, par la suite baptisée Auberge Napoléon (qui existe toujours, elle est une véritable institution). La chambre que Napoléon occupait, la N°2, lors de ses deux nuits grenobloises fut occupée par d'autres plus tard... dont un certain Henri Beyle, alias Stendhal, qui connaissait bien Grenoble. Il y était né et c'est à l'âge de cinq ans, depuis le balcon de la maison de son grand-père, qu'il avait assisté à la Journée des tuiles. Un demi-siècle plus tard, en 1836, il racontera cet épisode dans un de ses romans. Qui a dit qu'on n'a pas de mémoire à cinq ans ?

V.H. / Crédit photo : Office du Tourisme de Grenoble - Pierre Jaye

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