Légendes et traditions : l'histoire du cadeau de Noël

Les légendes et traditions se baladent en France par milliers. Jadis, les unes animaient les villages, les autres occupaient les soirées d'hiver. Voici quelques pages de ce lumineux roman français.

Vieux comme mes robes

Pour qui aime les bonnes intrigues, l'histoire du cadeau de Noël est à elle seule... un cadeau. Un conte à raconter aux enfants déjà passionnés d'histoire romanesque. Si quelqu'un vous dit : « c'est assez récent, cette histoire de cadeaux », il a raison. Si un autre vous reprend et affirme : « mais non, tout ça, c'est vieux comme Hérode, vieux comme mes robes »), il n'a pas tort.

Dans la Rome antique

L'histoire du cadeau puise dans celle des étrennes, et tout ça remonte à la Rome antique. Le jour du solstice d'hiver, il était de coutume de s'offrir des pièces, du miel ou des fruits, ces présents étant des gages de bons augures pour les mois à venir », dit l'historienne Nadine Cretin. Les Chrétiens en feront plus tard une tradition.

Rois mages

Cette tradition chrétienne nous renvoie bien sûr aux rois mages qui apportent à Jésus de l'or, de l'encens et de la myrrhe, chacun de ces présents ayant une symbolique précise (bien que variant selon les interprétations). Plus tard, à partir du Moyen Âge, le cadeau prit une autre symbolique. Noël arrivait après la période de l'Avent, où l'on se privait de certains aliments. Noël apparaissait donc comme une récompense, où l'on s'offrait des fruits et des gâteaux.

Une fête des enfants

Progressivement, la fête devient plus centrée autour des enfants. On lie en partie cette étape à la fête de Saint Nicolas, le 6 décembre, l'évêque de Myre étant réputé gentil avec les enfants. « La réputation de distributeur de cadeaux de la Saint Nicolas – écrit Malo Tresca, journaliste à La Croix – émane, selon plusieurs versions de la légende, de deux "actes miraculeux" : il aurait donné un sac d'or à un homme ruiné qui allait forcer ses filles à se prostituer, et aurait ressuscité trois écoliers coupés en morceau par un boucher ».

Une fête commerciale

Dans quelques familles – notamment chrétiennes – du nord et de l'est de la France, on réserve plutôt les cadeaux pour le 6 décembre. Car Noël, pour certains, n'est pas une fête chrétienne, en tout cas elle l'est de moins en moins. Noël et sa ribambelle de cadeaux forment davantage aujourd'hui une fête familiale... et commerciale.

Et puis le père Noël est arrivé...

À partir du XIXe siècle, de nombreux éléments vont fonder le Noël tel qu'on le connaît aujourd'hui avec ses cadeaux, ses lumières, ses vitrines, son sapin. Parmi les créateurs de cette magie de Noël, n'oublions pas les écrivains, dont Charles Dickens. Si le sapin nous vient d'outre-Rhin, le père Noël nous vient d'outre-Atlantique. Bien sûr, les Américains s'inspireront (entre autres) de Saint Nicolas ; d'ailleurs, ne nomment-ils pas leur Père Noël « Santa Claus », traduction de Saint Nicolas...

L'apparition des grands magasins

Ce sont les Américains qui les premiers vont instituer le père Noël et en faire une fête monumentale. Cette période (du milieu à la fin du XIXe siècle) correspond aussi à l'apparition des premiers grands magasins, enclenchant des achats et des fêtes devenues aujourd'hui très mercantiles.

Est-ce Coca-Cola qui a créé le père Noël ?

Non, contrairement à une légende répandue. Coca-Cola le reconnaît d'ailleurs sur son site, mais la firme revendique le fait d'avoir popularisé le bonhomme (ce qui est un fait incontestable). En 1931, pour répondre à la problématique de l'hiver où l'on boit moins de soda, Coca-Cola lance une campagne (photo) où l'on voit le père Noël reprendre des forces en buvant du Coca ! Saint-Nicoca, pardon Saint-Nicolas se retourne peut-être dans sa tombe...

V.H.

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