La Voie de la liberté

Le Normand Guy de La Vasselais fut un héros des deux Guerres mondiales (il participa à la Première à l'âge de 15 ans). Dès 1944, il imagine cette Voie de la liberté en hommage aux Américains venus combattre pour la libération de la France. Cette route, qui reprend l'itinéraire de la 3e armée américaine commandée par le général Patton, fut inaugurée il y a 72 ans, le 18 septembre 1946.

Pas de Patton, pas de Pas-de-Calais

Cette voie aurait pu démarrer dans le Pas-de-Calais. En tout cas, en 1944, le général Patton laissait croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu ici. Pour cela, il utilisait des ruses dont des blindés en baudruche gonflable ou des avions en contreplaqué. Si bien que le jour du Débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, une majorité des divisions allemandes de la région était dans le Pas-de-Calais à attendre Patton et ses hommes.

À Sainte-Mère-Église, dans la Manche

Le D-Day en Normandie représente « la plus gigantesque opération aéronavale de l'histoire ». Les chiffres sont étourdissants : 130 000 hommes (Étasuniens, Canadiens, Anglais), 10 000 avions, 4 300 navires de transport, 720 navires de guerre débarquent dans les airs et sur les bords des plages normandes. Utah Beach est la plage la plus à l'ouest. À l'arrière de celle-ci, un village aujourd'hui mondialement connu, point de départ de la Voie de la liberté : Sainte-Mère-Eglise.

Le jour le plus long

On connaît cette commune entre autres pour son parachutiste américain accroché au clocher de l'église. John Steele restera pendu plusieurs heures au bout de son parachute, faisant le mort pour éviter les tirs allemands. Un mannequin est aujourd'hui accroché afin de rappeler cet épisode. L'immense saga cinématographique, « Le jour le plus long », nous le remémore aussi dans une longue séquence.

Les vers de Verlaine

Tandis que le Débarquement s’opère, la résistance française est prévenue par un message de la BBC. Ce sont notamment des vers de Paul Verlaine qui donnent le signal : « Les sanglots longs des violons de l'automne / Blessent mon cœur d'une langueur monotone ». Qui sait ? Était-ce peut-être un clin d’œil à la ville natale de Verlaine, Metz, l'une des dernières étapes de la Voie de la liberté.

Emblématique torche

Entre Sainte-Mère-«glise la Normande et Bastogne la Belge, ultime étape de la Voie de la liberté, vous découvrirez de nombreuses bornes (photo) qui jalonnent le parcours et portent l'emblématique torche de la statue de la liberté new-yorkaise. Entre les deux communes, au gré de haltes historiques et touristiques, la grande histoire vous est contée.

Le 7 mai à 2h45, au collège de garçons de Reims

Après Sainte-Mère, Cherbourg, Saint-Lô, Saint-Malo, Rennes, Angers, Le Mans, Chartes, Fontainebleau (où fut inaugurée la Voie de la liberté), Provins, Epernay, vint le tour de Reims. La capitale champenoise est libérée en août 1944 et c'est ici, huit mois plus tard, que l'Allemagne signe sa capitulation. Nous sommes le 7 mai 1945, il est 2h45, dans une salle d'un collège de garçons de Reims...

Valmy, Verdun, les V de la Victoire

Mais avant mai 45, il a fallu que les forces alliées progressent dans le pays, à la fin de l'année 1944. Après Reims, voici Valmy, qu'on connaît davantage pour la célèbre bataille de 1792 et la victoire des révolutionnaires qui donna naissance à la Ire République. Sur cette Voie de la liberté, d'autres symboles et récits guerriers vous attendent (pas tous liés à la 2e Guerre mondiale) : Verdun, bien sûr, aujourd'hui symbole de paix, hier symbole du courage des Poilus et d'une autre grande victoire française, lors de la Première Guerre mondiale.

Pleuvoir comme à Gravelotte

Vous passerez ensuite par Gravelotte, aux portes de Metz. On doit à ce village lorrain l'expression « pleuvoir comme à Gravelotte », tant il plut ici de tirs d'armes à feu pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Certains disent aussi « tomber comme à Gravelotte », en référence au nombre important de soldats tombés ici au champ d'honneur.

Chemin mémoriel

C'est donc un parcours instructif et émouvant qu'a imaginé Guy de La Vasselais. Un formidable chemin mémoriel, permettant de mieux comprendre les événements. Certains touristes l'empruntent avec une idée de pèlerinage, parfois même en vélo, un cyclo-circuit reprenant ce chemin... une façon de goûter à la liberté sans oublier ceux qui sont tombés pour la nôtre.

V.H.

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