Limoges par ponts et par places

C'est aussi ça le charme des vacances : les mille et une façons d'aborder une ville, un département, une région. La plus classique consiste à se tailler un programme de découvertes par les bâtiments incontournables et patrimoines fondateurs. L'on peut également s'organiser une virée chronologique. La rencontre peut être aussi géographique, se faire en mode quadrillage, quartier par quartier, ou en mode flânerie romantique, au fil de la rivière.

Parfum oriental

Il arrive parfois qu'un visiteur se restreigne dans son programme. Il n'aborde que les canons patrimoniaux déclinés dans les offices de tourisme sous l'onglet « à découvrir / incontournables ». C'est généralement très efficace et instructif, mais cela reste une sorte d'entrée en matière. Belle entrée en matière, certes. À Limoges, par exemple, vous ne pourrez pas louper la gare des Bénédictins et « son curieux parfum oriental », longtemps classée plus belle gare de France.

Ville créative de l'UNESCO

Indispensable à Limoges, désignée « ville créative de l'UNESCO » : la rencontre avec les arts du feu. La porcelaine n'est pas qu'un incontournable, elle est un élément de l'identité de la ville, depuis le milieu du XVIIIe siècle où l'on a découvert, dans les environs de Limoges, le kaolin, « une argile indispensable pour obtenir de la porcelaine comparable à celle de la Chine ».

L'Atelier du vitrail

Porcelaine, oui ! Mais aussi émail, émaux, depuis plus de dix siècles avec une renommée internationale. Email, oui ! Mais aussi vitrail, un art qui a su se renouveler au gré des courants et tendances artistiques. À visiter notamment, l'Atelier du vitrail, une coopérative ouvrière fondée en 1907, « participant à la conservation et à la restauration du patrimoine national sous l'égide du ministère de la Culture ».

Le musée de la Résistance

À ce compte des incontournables, vous serez guidés sûrement vers les halles centrales, magnifiques avec leur charpente métallique bleue, leurs briques rouges et la belle frise de carreaux de porcelaine. Vous serez guidés vers la cathédrale Saint-Etienne, qui domine la Vienne, vers le Pavillon du verdurier, recouvert de carreaux de grès, vers les nombreux musées, dont celui de la Résistance, « présentant les différentes formes et actions de la Résistance à travers une collection d'objets, d'armes et de documents authentiques ».

Le quartier des ponts

Nous voilà maintenant en mode quadrillage. Démarrez par le quartier des ponts, ou des Ponticauds, du nom des habitants de ce quartier parmi les plus anciens de la ville. Voilà une grande histoire de quartier, intimement liée à l'activité de la rivière. La Vienne permettait de faire fonctionner des industries et ateliers nombreux, fabriques de porcelaine, usine de chaussures, salaisons... Bien sûr, le temps a fait son œuvre, il a modernisé l'urbanisme, mais ce quartier a conservé une authenticité, et son histoire populaire flâne encore fièrement. Sans doute dégoterez-vous avec joie quelques Ponticauds vous contant les belles années de l'Auberge de la crotte de poule.

Mélange ville-campagne

Pavés, maisons à pans de bois, ruelles, vieux ponts posant sur de belles arches, histoires d'antan et d'ailleurs... Un cocktail délicieux, dans ce quartier et dans d'autres, qui fonctionne à merveille et permet d'attraper une ambiance de village. Et au milieu, coule la Vienne. La suivre, pour découvrir d'autres tableaux limougeauds, est une option pleine de surprises. Un mélange campagne-ville rode avec son petit air joyeux.

Ronde et lumineuse

Également à votre disposition, l'option de la visite par rue ou par place. Là non plus, aucun ennui ne menace à l'horizon. Je vous suggère d'entamer votre périple par la place Denis-Dussoubs, ronde, conviviale, lumineuse, pleine de cafés et restaurants, « son originalité est dans la couleur rougeâtre des murs des édifices », indique l'Office de Tourisme.

Rue de la Boucherie

Il y a bien sûr la place du Présidial, « un des rares ensembles Renaissance de la ville de Limoges ». Je ne saurai trop vous recommander de ne pas louper la rue de la Boucherie (photo), unanimement signalée comme pittoresque. Plus largement, on parle à Limoges du quartier ou du village de la Boucherie, ainsi nommé parce que tenu par la corporation des bouchers. Vous verrez, sur quelques façades, demeurent des crocs.

V.H.

Crédit photo : Office de Tourisme de Limoges

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