En voiture Simone !

Il y a 214 ans, le 2 octobre 1804, disparaissait celui qu'on désigne comme l'inventeur de l'automobile : Joseph Cugnot. Et dans deux jours, s'ouvre à Paris le Mondial de l'Automobile (du 4 au 14 octobre). Deux occasions de vous suggérer un circuit des musées et conservatoires automobiles en France. Il y a de quoi faire !

Le chaudron magique

« Concepteur du premier véhicule automobile fonctionnel ». Voilà comment on présente l'ingénieur français Joseph Cugnot. Car le terme « inventeur » de l'automobile renvoie à une histoire complexe, menée à plusieurs, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande... Notre Joseph imagine en 1769 un chaudron qui alimente des cylindres. Le fardier à trois roues naît alors, mais son histoire n'est pas une sinécure.

4 km/h et 15 minutes d'autonomie

On appelle l'invention de Cugnot « le chariot à feu », ou « la voiture sans chevaux ». Elle roule à 4 km/h, n'a une autonomie que de quinze minutes et... n'a pas de frein. Voilà qui allait bien à l'ingénieur, qui ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Il poursuit et peaufine sa création, allant d'essai en essai, dont un s'achèvera dans le mur, à Vanves. Ce n'est pas le seul ennui, loin de là, que le Français trouvera sur sa route.

Abandonnée dans une cour

On va lui couper les crédits de recherche, considérant qu'il y a mieux à faire. Plus tard, Bonaparte, tout occupé à guerroyer, refusera de relancer les études (pas visionnaire, sur le coup !). La machine de Cugnot terminera abandonnée dans une cour de l'Arsenal à Paris. Puis on la déménagera plus loin, parce qu'elle prend trop de place (elle faisait 7 mètres de long et plus de 2 mètres de large).

L'obéissante d'Amédée

En 2010, six élèves-ingénieurs de l'École des Arts et Métiers – ParisTech, reconstitueront intégralement la géniale machine de Joseph Cugnot. Ce fameux fardier est aujourd'hui visible au Musée des Arts et Métiers, à Paris. On peut aussi y voir l’œuvre d'Amédée Bollée, autre inventeur français, créateur de « l'Obéissante » en 1873, un véritable bolide allant à 40 km/h.

En 1866 dans le dico

Le terme « automobile » est dans le dico depuis déjà sept ans, mais en 1866 il n'y est qu'en tant qu'adjectif : « qui se meut de soi-même ». Ainsi pouvait-on parler d'un piéton automobile !

70 millions par an

Un quart de siècle plus tard, vers 1910, on compte 250 000 automobiles dans le monde. On en fabrique aujourd'hui environ 70 millions par an, de quoi alimenter depuis des dizaines d'années les rassemblements, les courses, les salons, les musées consacrés à la voiture-reine.

En Alsace

En matière de musées, vous avez un choix exceptionnel en France. Vous pouvez même un jour dédier vos grandes vacances à cet engin. La Cité de l'automobile à Mulhouse est probablement le plus étonnant et plus beau musée du monde. On le présente parfois sous le label de « Collection Schlumpf », ces deux industriels du textile qui ont amassé 530 voitures de rêve... avant de ruiner leur entreprise. (En Alsace, deux villages-vacances et hôtels clubs Cap France : le Relais Saint-Bernard et le Domaine Saint-Jacques).

En Franche-Comté et à Aulnay‑sous‑Bois

Retrouvez l'aventure Peugeot à Sochaux, en Franche-Comté. Ce musée abrite 120 voitures et 50 motocycles, classés par année, le tout nous emmenant de 1891 à 1990. Citroën n'est pas en reste avec une magnifique exposition de 280 véhicules à Aulnay-sous-Bois. Tous les modèles de la marque aux chevrons y sont, y compris les trucs fous qui n'ont pas été commercialisés, « comme cette berline qui devait s'intercaler entre la 2CV et la DS ». (En Franche-Comté, quatre villages vacances et hôtels clubs Cap France : le Duchet, Neige et Plein Air, le Chalet de la Haute-Joux et les Chalets du lac de Vouglans).

Dans les Alpes de Haute-Provence

Amateurs-trices de Citroën, faites étape sur une autre superbe exposition, celle de Castellane. Les 90 véhicules, « dans un état impeccable, proche du neuf », sont rangés selon un classement inhabituel : d'un côté, les modèles à refroidissement par air, de l'autre, les modèles à refroidissement par eau. (Dans les Alpes de Haute-Provence, quatre villages-vacances et hôtels clubs Cap France : Azur et Neige, Rechastel, Lou Riouclar et le Domaine de l'Adoux)

En Vendée

À Talmont-Saint-Hilaire, allez découvrir le musée d'un passionné. Son histoire démarre dans les 50, il est un pro de l'auto, qui récupère et répare, puis il décide un jour d'exposer ses belles bêtes. L'espace regroupe aujourd'hui 150 véhicules. Vous y verrez notamment quelques célèbres « taxis de la Marne ». (En Vendée, cinq villages vacances et hôtels clubs Cap France : les 4 Vents, Koat Ar Mor, la Résidence du Yacht Club, le Village Océane, la Rivière).

En Ille-et-Vilaine

À Lohéac, au sud de Rennes, on est dans le double univers de l'automobile et de la compétition. 300 voitures, dont des Formules 1, vous attendent, vrombissantes et rutilantes, au Manoir de l'Automobile. « Le rallye est également à l'honneur avec l'intégralité des machines de groupe B qui ont écumé le championnat du monde au milieu des années 80 ». (En Bretagne, 10 villages vacances et hôtels clubs Cap France, dont un en Ille-et-Vilaine : le Manoir de la Vicomté).

En Champagne et Bourgogne

À Reims, à travers 160 véhicules exposés, vous allez surtout partir à la rencontre des véhicules européens les plus populaires : les Renault Dauphine, Daf 55, Simca 1000, Peugeot 403. À Sauvigny-le-Bois, dans l'Yonne, c'est un mélange qui vous accueille : voitures populaire et voitures de prestige, dont des voitures de chefs d'état : entre autres, la Mercedes 600 de Nicolae Ceaucescu. (En Champagne et Bourgogne : l'Hôtel Club du Lac d'Orient, dans l'Aube à Mesnil-Saint-Père, et la Vallée de l'Yonne, à Armeau).

Où est ma DS ?

Si vous êtes en Champagne, faites un crochet par Colombey-les-Deux-Églises : le très beau mémorial de Gaulle expose plusieurs voitures du général, dont la surprenante Renault Rambler Ambassador de 1962, construite spécialement pour de Gaulle... qui n'a jamais voulu monter dedans car les pièces n'étaient pas fabriquées en France. Voyant un jour la Rambler dans la cour de l'Elysée, le général s'écria : « Où est ma DS ? ». Il ajouta, à l'intention de ses collaborateurs qui avaient pris l'initiative sans lui en parler : « Ceux qui l'ont commandée n'ont qu'à la payer et la garder ». Et pif, paf, poum !

Et puis des bidons, des pompes, des pneus...

Tous ces musées (la liste n'est pas exhaustive) débordent d'anecdotes, drôles, étonnantes, parfois historiques. N'oubliez pas qu'il y a aussi tous les musées consacrées à des éléments de l'automobile : le musée du pneu Michelin, à Clermont-Ferrand, ou celui du moteur à Saumur. En Lorraine, à une heure de route du village natal de Joseph Cugnot (Void-Vacon, Meuse), une halte à Serocourt (Vosges) va vous épater : le petit musée blotti dans une ferme est rempli de bidons, d'objets dérivés, de pompes à essence, de vieilles pubs, de voitures miniatures, un fourre-tout génial !

Sur le net aussi

Notez également que le net n'est pas en rade et nous offre de jolis musées virtuels, comme le musée du camion, qui évoque la pub.

Bref, prévenez Simone, on n'est pas rendu !

V.H.

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