Parcours Montaigne

Quel délice de voyager en France dans les pas de Michel de Montaigne, écrivain, philosophe, diplomate, bel humaniste, homme politique, marquant durablement la littérature française (et mondiale) avec ses Essais. Montaigne est mort il y a tout juste 426 ans, le 13 septembre 1592 dans son château entre Dordogne et Gironde. Hommage à un grand artiste du voyage.

À Saint-Michel de Montaigne

Vous pouvez vous la jouer en mode chronologique et démarrer la balade par son château natal. Celui que vous visiterez à Saint-Michel de Montaigne (entre Bergerac et Libourne) n'est pas tout à fait celui dans lequel naquit et vécut Montaigne. « C'est Pierre Magne, ministre des Finances sous Napoléon III, qui transforma la maison forte de Montaigne en un somptueux château du XIXe siècle » (photo). Ce sont d'ailleurs les descendants de Pierre Magne qui vivent toujours ici.

Dans sa bibliothèque

Ce château est ouvert au public et il est à voir, particulièrement la Tour historique, là où Montaigne travaillait, pensait, écrivait (notamment Les Essais). Plusieurs pièces sont à découvrir : son cabinet de travail, sa chambre, sa garde-robe, et bien sûr la bibliothèque « où vous découvrirez les célèbres sentences et maximes grecques et latines sur les poutres ». Les propriétaires du lieu nous offrent également une belle expo sur un sujet vaste : Montaigne et les femmes.

À la recherche des émotions du cœur

Montaigne aimait les femmes. « C'était moins (quoi qu'il en fut assez friand) pour le plaisir des sens que pour les émotions du cœur, car il aima La Boétie comme aucune femme », peut-on lire dans l'article qui lui est consacré sur l'excellent site de la France pittoresque, dont je vous recommande vivement la visite.

Aïe, aïe, aïe...

En balade avec Montaigne, peut-être serez-vous surpris (choqués ?) par quelques-uns de ses propos sur les femmes (il faut toutefois replacer ses dires dans le contexte d'une époque où on parlait peu d'égalité hommes-femmes). Il aimait les femmes, les admirait mais considérait aussi que « la plus utile et honorable science et occupation d'une femme, c'est la science du ménage ». Aïe ! Montaigne se mariera (« il se laissera marier » écrit un de ses biographes) avec Françoise de la Chassaigne et avec cette idée « qu'on ne se marie pas pour soi, quoi qu'on dise, on se marie autant ou plus pour sa postérité, pour sa famille ».

Étapes à Sarlat et Bordeaux

En fait, c'est un homme que Montaigne a le plus aimé, Étienne de la Boétie. L'écrivain et journaliste Jean Lacouture s'est posé la question : « cet amoureux des femmes n'aurait-il en fin de compte aimé qu'un homme ? ». Fort possible. En tout cas, les mots de Montaigne pour La Boétie sont beaux comme un mystère : « si on me presse à dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut s'exprimer (...) Parce que c'était lui. Parce que c'était moi ». Un voyage-hommage à Montaigne passe donc par Sarlat la magnifique, ville natale de La Boétie (la maison où il est né est un bijou), et par Bordeaux où les deux hommes se sont rencontrés la première fois.

Un drôle de maire

Montaigne et Bordeaux, c'est une grande (et drôle) histoire. Il fut maire de cette ville bien malgré lui. Il est en cure en Italie lorsqu'il reçoit l'information qu'il a été élu maire de Bordeaux. Il refuse le poste, puis l'accepte sous la pression du roi. Il écrit alors, a posteriori, une incroyable profession de foi où il exprime tout le mal qu'il pense de lui pour cette fonction : « je suis sans ambition, sans mémoire, sans vigilance, sans vigueur ». Deux ans plus tard, il sera réélu ! Il se montrera redoutable et très fin négociateur, notamment dans les conflits qui opposaient catholiques et protestants.

L'art de voyager

À Bordeaux, pour s'approcher mieux de l'esprit Montaigne, partez flâner dans le quartier de la Rouselle où il vécut (sa maison est au n° 25 de la rue de la Rouselle). Mais c'est dans son château (et sa tour) qu'il était le plus heureux. Heureux aussi en voyage. Il parcourt le royaume de France et l'Europe avec une idée toute simple, quasi insouciante et romanesque, de la pérégrination : « s'il ne fait pas beau à droite, je prends à gauche. Si je me trouve peu apte à monter à cheval, je m'arrête. Ai-je laissé quelque chose à voir derrière moi ? J'y retourne, c'est toujours mon chemin. Je ne trace à l'avance aucune ligne déterminée, ni droite, ni courbe », écrivait Montaigne.

À Eaux-Chaudes, Dax, Bagnères-de-Bigorre, Barbotan, Plombières-les-Bains...

Michel de Montaigne, cependant, fait des haltes précises et programmées, dans des communes thermales où il soigne sa maladie (il souffre de coliques néphrétiques), car il voyage aussi pour cela. Ainsi peut-on le croiser à Eaux-Chaudes, dans la vallée d'Ossau, dans les Pyrénées-Atlantiques, à Dax, dans les Landes, à Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, à Barbotan-les-Thermes (commune de Cazaubon), dans le Gers, ou encore à Plombières-les-Bains, dans les Vosges.

Le voyage, école de la vie

Montaigne écrivait beaucoup sur ses voyages (dans un style simple et brut) et vantait les mérites de l'exploration des ailleurs : « Je ne connais pas de meilleure école pour former la vie que de mettre sans cesse devant nos yeux la diversité de tant d'autres vies, opinions et usages »

V.H.

Photo © Château Montaigne

Pour découvrir les villages vacances et hôtels clubs Cap France sur ce parcours Montaigne, en Aquitaine, dans les Pyrénées, en Lorraine, en Occitanie (il y en a moult), rendez-vous sur notre site (possibilité de recherches par région)

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