Parcours René-Cassin

Il y a 70 ans, le 10 décembre 1948, était adoptée la Déclaration universelle des droits de l'homme, par l'assemblée générale de l'ONU réunie à Paris. Neuf rédacteurs avaient travaillé à l'écriture de cette charte, dont Madame Roosevelt, l'épouse du président des États-Unis, et le Français René Cassin.

À Bayonne

Pour les amateurs de tourisme historique, voici donc un parcours René-Cassin, prix Nobel de la paix en 1968 (attribué pour son rôle majeur dans la rédaction de cette déclaration). Notre voyage en pays Cassin démarre naturellement dans sa ville natale de Bayonne (photo © ville de Bayonne), dans les Pyrénées-Atlantiques.

Pays d'art et d'histoire

Il y a tant de choses à admirer dans cette ville classée « Pays d'art et d'histoire » : la cathédrale Sainte-Marie, son cloître, qui à travers l'histoire « joua plusieurs rôles : lieu de prière, de procession, cimetière, place publique, lieu de réunion des notables », les arènes, les plus grandes du sud-ouest, le jardin botanique et plusieurs musées.

L'atelier du chocolat

Parmi ces musées, celui dédié au jambon et à la charcuterie, dans le petit Bayonne, est évidemment une institution. Vous saurez tout sur cette merveille et sur sa fabrication. Pour ceux qui préfèrent le chocolat (l'un n'interdisant pas l'autre), ne loupez pas l'atelier du chocolat avec sa collection de machines « unique dans la région ».

Le plus grand cimetière juif de France

Pour marcher dans les pas de René Cassin, rendez-vous au cimetière juif de la ville, considéré comme le plus grand de France et le second d'Europe, après celui d'Amsterdam. Sur deux hectares, 3000 tombes composent un lieu important dans la vie de René Cassin. C'est là qu'il se rend, le 24 juin 1940, « pour dire adieu à ses ancêtres », avant d'embarquer à Saint-Jean-de-Luz et de rejoindre le général de Gaulle à Londres.

Condamné à Clermont-Ferrand

Dans ce parcours historique, il est possible de stopper en Auvergne. C'est à Clermont-Ferrand qu'un tribunal condamne à mort René Cassin en 1940, après qu'il ait fait le choix de Londres plutôt que celui de Vichy. Il est condamné pour haute trahison et déchu de sa nationalité française.

Lycéen à Nice

Mais revenons à son adolescence et partons pour Nice. René Cassin, dont le papa était marchand de vins à Nice, fréquente le lycée Masséna (avec sa belle tour de l'horloge). Un établissement qui eut pour étudiants quelques pointures : outre Cassin, Guillaume Apollinaire, Jean d'Ormesson, Roland Garros, Romain Gary, Joseph Kessel...

Soldat en Lorraine

La suite de ses études se déroulent à Aix-en-Provence et Paris, avant que sonne la ténébreuse heure de la Première Guerre mondiale. René Cassin est affecté dans le très stratégique saillant de Saint-Mihiel, dans la Meuse. Il y est gravement blessé. Au sortir de la guerre, après avoir enseigné à Aix et Marseille, il est nommé à l'université de Lille, jusqu'en 1929.

Le quartier latin de Lille

Dans le beau bâtiment où René Cassin enseignait, s'est installé depuis peu l'institut Sciences-Po. Nous sommes dans le quartier Saint-Michel, à découvrir bien qu'il ne soit pas forcément indiqué dans les étapes touristiques lilloises. On entend parfois dire qu'il est « le quartier latin » de la capitale du Nord. À quelques pas de Sciences-Po, se trouve le musée d'histoire naturelle avec ses espaces zoologie et géologie (recommandé pour des visites familiales).

L'homme des trois frontières

Après la Seconde Guerre mondiale, René Cassin vit surtout à Paris. Il y a plusieurs lieux parisiens à découvrir dans le parcours Cassin. Le Panthéon, où ses cendres ont été transférées en 1987. François Mitterrand, alors président de la République, rappelait à cette occasion que René Cassin aimait se désigner comme « l'homme des trois frontières » : « La frontière allemande, par son arrière grand-père maternel, Samuel Dreyfus, originaire d'Alsace. L'espagnole, puisque né à Bayonne. L'italienne, car Nice fut le berceau de sa famille paternelle ».

Rue Montmartre, à Paris

René Cassin sera marqué tout au long de sa vie par « l'affaire Dreyfus ». La rue Montmartre est intéressante à signaler car nous croisons ici le parcours Georges-Clemenceau. Au 144 de la rue Montmartre, se trouvait le siège du journal L'Aurore (une plaque l'indique), dirigé par Georges Clemenceau. C'est à cet endroit qu'Emile Zola vient lui remettre, le 12 janvier 1898, son célèbre texte « J'accuse », où il démontre l'innocence du capitaine Dreyfus.

Au café du croissant

Et c'est dans cette Montmartre que René Cassin, alors qu'il marche, apprend la mort de Jean Jaurès. Il en prend connaissance par des cris dans la foule : « ils l'ont tué, ils l'ont tué ! ». Le café du croissant, où Jaurès est assassiné en juillet 1914, est juste à côté. C'est un lieu à voir, aujourd'hui nommé Taverne du croissant, où s'est écrite avec du sang une page de notre histoire. Il est situé à l'angle de la rue Montmartre et de la rue du croissant.

Au Palais de Chaillot

Autre lieu parisien, qui nous ramène à l'actualité et à ce 70e anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme : le Palais de Chaillot, où l'ONU s'était réunie pour se prononcer sur ce texte. Situé sur la place du Trocadéro, le lieu vous offre la meilleure vue sur la Tour Eiffel et la possibilité de visiter trois musées : la Cité de l'architecture et du patrimoine, le musée national de la Marine (fermé pour travaux, jusqu'en 2021) et le musée de l'Homme.

V.H.

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