Perpignan : à en perdre la raison

Disons-le, il faut être un peu fou pour s'embarquer dans une visite complète de la ville. Fou ou riche de temps libre. La ville catalane vous fait vite perdre la tête, avec ses occasions-légions de s'attarder sur un monument, une rue, un bout d'avenue, un personnage. Perpignan est une cité où l'on peut musarder pendant des mois et flâner entre les histoires rocambolesques ou romanesques, comiques, héroïques ou tragiques.

Au Campo Santo

Prenons d'abord les voies officielles, celles que les offices de tourisme déclinent sous l'appellation des « incontournables ». Premier exemple : le Campo Santo (photo), ou cloître-cimetière Saint-Jean, bâti au XIVe siècle : « les galeries du cloître étaient couvertes d'un appentis de bois soutenu par des colonnes à chapiteaux sculptés. Chaque enfeu [niche funéraire], d'un gothique épuré, est marqué d'écussons aux armes des riches familles perpignanaises », nous précise-t-on à l'Office de tourisme.

À l'Hôtel de Jules

C'est peu de le dire, ce campo est une merveille, parmi mille autres. Faites donc voir aussi à vos yeux l'Hôtel Pams. Son bâtisseur, Jules Pams, va causer aux fumeurs de cigarettes roulées. Jules est en effet le beau-fils du fils (ou l'arrière beau-fils) du fondateur de la célèbre fabrique de papier à cigarette J.O.B. Son hôtel, aujourd'hui propriété de la Ville de Perpignan, est un repaire d'expressions artistiques, avec notamment des galeries Art Nouveau et des peintures de Paul Gervais.

Sant Jordi, Dali, Vauban...

Citons aussi en vrac (désolé pour cette brusquerie pas très perpignanaise), le Palais des rois de Majorque, autour duquel une citadelle sera construite au XVIe siècle. Il faut, pour bien comprendre Perpignan, humer à la fois la France et l'Espagne, s’imprégner de leurs cultures et de leurs histoires respectives. Il faut aussi fouiner dans les archives de Sant Jordi, de Dali, de Vauban, qui s'est illustré ici, notamment dans la seconde moitié du XVIIe siècle, après le Traité des Pyrénées entérinant l'entrée de Perpignan dans le Royaume de France. Tout est affaire d'Histoire à Perpignan, de grande Histoire. Et il est recommandé, pour qui veut muscler son esprit d'ouverture, de s'organiser une visite avec un fin connaisseur du passé.

Chopin et George Sand

Vous pouvez aussi vous balader après avoir lu le blog d'Hélène Legrais. Plus léger que les récits historiques (mais sérieusement renseigné tout de même), son blog navigue en terre plus insolite et vous invite à pratiquer le pas de côté. Allez voir, par exemple, la rue des abreuvoirs, dans le quartier Saint-Jean : « Derrière la façade, aujourd'hui très discrète, se cache une belle bâtisse qui fut l'hôtel d'Europe. Ici, George Sand s'arrêta deux nuits. La seconde nuit, son amant la rejoignit. C'était Frédéric Chopin ».

Et il est où le Castillet ?

Je sais, à ce stade de la lecture, certains s'étonnent : « Et le Castillet, alors ! Ça vient ? ». J'y viens, j'y viens. Le Castillet, c'est un trois-en-un. Symbole de la Ville, et d'un. Monument flamboyant, en briques et marbre de Baixas, et de deux. Musée Casa Pairal, « sur l'histoire et l'ethnographie locales », et de trois !

Oh oh oh, jolies poupées...

Et puisque vous me branchez musées, sachez que Perpignan en abrite une belle ribambelle. Sous les titres de muséum, centres d'art ou conservatoires du patrimoine, l'offre est variée : Histoire, bien sûr (sur des époques et sous des angles divers) mais aussi aéronautique, art, architecture, monnaies et médailles, céramiques. Même les poupées ont leur maison-mausolée, avenue du Languedoc. Elles sont 500 à vous attendre derrière les vitrines. Décidément, Perpignan va vous prendre du temps !

V.H. / Crédit Photo : Ville de Perpignan

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