Éloge de la lenteur

Il faut reconnaître qu'on s'y perd un peu, entre tourismes responsable, équitable, durable, solidaire, alternatif. Au-delà des nuances, établies souvent par des économistes ou des sociologues, on pourrait mettre tout le monde d'accord en parlant d'un tourisme respectueux.

Itinérance douce

En abordant le vaste champ de l'éco-tourisme, il est intéressant de s'attarder sur plusieurs études. L'une d'elles était reprise il y a quelques jours dans la lettre d'info de Veille Info Tourisme. Elle souligne les bienfaits du « slow tourisme », y compris en matière de retombées économiques. Ce slow tourisme « désigne des formes de tourismes centrés sur l'itinérance douce, tourisme fluvial, à vélo, à pied ou à cheval, et privilégiant des formes d'hébergement permettant une proximité avec la nature et les habitants des territoires visités ».

Randonneurs : 2,4 milliards de retombées

Le rédacteur de l'article, Vincent Oberto, signale un fait qui peut surprendre : le cycliste itinérant est plus dépensier qu'un touriste « classique ». « En outre, sa durée de séjour est plus longue que la moyenne ». À réécouter, à ce propos, l'interview du vice-président de la Fédération Française de Cyclotourisme, partenaire de Cap France. La randonnée est également citée en exemple, avec 2,4 milliards de retombées économiques en France, « toutes clientèles confondues ».

Voyageurs lents

Pour accentuer l'intérêt des Français à ce tourisme doux et aux voyages lents, certains entament leur démonstration par une critique (parfois excessive) du tourisme classique ou « de masse ». Jean-Pierre Tuquoi, journaliste à Reporterre, évoquant « le manuel de l'anti-touriste » de Rodolphe Christin, cible l'exemple du pourtour méditerranéen, « lieu de rendez-vous plébiscité par les touristes de la terre entière, et qui agonise lentement ». Au touriste, il préfère le « voyageur adepte de la lenteur (…), décidé à ne laisser aucune trace de son voyage ».

Une demande des clients

Si le tourisme produit de nombreuses recettes, il détruit aussi, c'est un fait, « il épuise le monde ». Un constat que Cap France ne manque pas de faire. Les villages vacances et hôtels clubs Cap France multiplient les initiatives répondant à cette problématique (à commencer par les labellisations Chouette Nature ou les partenariats avec les producteurs locaux dans le cadre du label « 4 Saisons »). Ils répondent aussi à une demande des clients, toujours plus sensibles aux valeurs de respect et de protection de notre bien commun.

Lentement mais sûrement

Ce tourisme respectueux (qui n'en est pas moins plaisant et producteur de grands souvenirs !) est inscrit, depuis une quinzaine d'années, dans le Code mondial d'éthique du tourisme, adopté par l'ONU en 2001. Il décrit notamment dans son article premier les notions de compréhension et de respect mutuel entre les hommes. C'est aussi ce que s'attachent à développer les villages Cap France, par exemple par des rencontres fréquentes entre les clients / touristes / voyageurs et les acteurs économiques locaux, notamment les producteurs et artisans. On ne mange plus de la même façon une confiture, une tranche de viande de bœuf ou un plat de tomates lorsqu'on sait l'engagement qu'ils nécessitent pour devenir des produits de table de qualité. Très souvent, on ne les mange plus, on les déguste... lentement mais sûrement.

V.H.

Partagez

+ d'articles...