Tout autour d'Autrans (première partie)

Nous voici à Autrans, où s'ouvre demain (en partie au village vacances de l'Escandille) le 35e Festival International du Film de Montagne d'Autrans (FIFMA). Nous sommes dans le massif du Vercors, un prestigieux morceau de France, difficile à résumer géographiquement tant il est vaste et varié. Il s'étend de Saint-Quentin-en-Isère (la commune la plus au nord) à Lus-la-Croix-Haute, dans la Drôme (tout au sud).

Histoire et géo fraternisent

On peut aussi le parcourir avec une envie de découverte historique et il apparaît tout aussi passionnant. Ici, histoire et géographie s'entendent comme larrons en foire. Ensemble, elles ont accouché d'une légende : le Vercors, abritant des lieux quasi inabordables et mystérieux, véhiculant une histoire fabuleuse, par exemple celle de la Résistance.

Sauter à l'élastique

La grande histoire du sport (y compris olympique) y traîne aussi, tout comme celle de l'industrie, de l'urbanisme, du tourisme, de l'architecture, de l'écologie, de la littérature, de la chanson... « On m'a vu dans le Vercors, sauter à l'élastique... », vous vous souvenez ? Bé oui, c'est du Bashung !

La quête d'une vie

Le massif du Vercors est inépuisable, immensément beau, in(dé)finiment déroutant. Il est une quête, possiblement d'une vie entière. Tentons quand même de le résumer d'un mot : une aventure ! On pourrait choisir aussi le mot « paradis » !

Une hirondelle a fait le printemps

J'oubliais ! L'histoire du cinéma se promène aussi dans le Vercors. De nombreux réalisateurs ont pris ce site pour décor. Citons juste « Une hirondelle a fait le printemps ». En 2001, ont atterri ici les caméras du réalisateur Christian Carion, venu mettre en boîte une histoire vraie, celle d'une informaticienne (Mathilde Seigner) fatiguée par la vie parisienne et arrivée dans le Vercors où elle rencontre Michel Serrault, alias le vieil Adrien.

À l'Escandille : se reconnecter à l'essentiel

Une partie de ce film a été tourné à Autrans, où l'on trouve l'un des plus grands villages vacances Cap France : l'Escandille. Un village au cœur d'un parc de 12 hectares, labellisé Chouette Nature. L'équipe de l'Escandille vous propose notamment des séjours « sport et bien-être », avec un très grand choix d'activités et de loisirs.

L'Escandille est aussi un centre de congrès

« Sur les chemins du Parc Naturel du Vercors, notre village vacances est le lieu idéal pour se ressourcer. Entre prairies et montagnes, villages authentiques et monuments architecturaux, activités sportives de plein air et espace bien-être, tout invite ici à se reconnecter à l'essentiel, à se détendre, se reposer, se remettre en forme », annonce l'équipe du villages vacances. Pour l'avoir testé, je vous promets qu'ils disent vrai ! Ce village, un des historiques du réseau Cap France, est aussi un centre de congrès.

Amoureux de 7e art et de montagne

À partir de demain et jusqu'au 9 décembre, l'Escandille accueille une grande partie du Festival International du Film de Montagne d'Autrans (FIFMA), un événement remarquable où se croisent les amoureux du 7e art, de la montagne et de la littérature et les amateurs d'échanges et de débats, notamment « autour des grandes questions actuelles comme le changement climatique ou les migrations ».

Une idée simple, née il y a 35 ans

« Il y a 35 ans naissait le festival Neige & Glace, devenu FIFMA. C'était le début d'une belle et grande aventure, autour d'une idée simple : créer un événement culturel de début de saison d'hiver dans une station-village surtout habituée aux événements sportifs », expliquent le maire délégué d'Autrans, Thierry Gamot, et le maire d'Autrans-Méaudre-en-Vercors, Hubert Arnaud. « Le cœur du FIFMA est une compétition de films documentaires dédiée à la thématique montagne sous tous ses aspects », précise la directrice du festival, Anne Farrer.

Autrans, port d'attache

Si vous êtes en vacances à l'Escandille, vous pouvez rester sur place (il y a de quoi faire !). Vous pouvez aussi prendre ce village vacances comme un port d'attache, et rayonner tout autour. Et vous irez de surprises en découvertes étonnantes. On va s'offrir un petit périple sur ce qui borde Autrans (sans pouvoir être exhaustif).

À Saint-Gervais, une sacrée page d'histoire

Je passe sur les aspects naturels et paysagers (ici, tout est merveille!), attardons-nous plutôt à Saint-Gervais sur l'histoire, une sacrée page d'histoire ! En 1679, le célèbre Colbert, ministre de Louis XIV est en quête « d'un site parfait » pour accueillir la fonderie royale des canons de marine. Après avoir envisagé d'autres lieux en France, il jette son dévolu sur Saint-Gervais et fera de ce village « un des fleurons de la métallurgie française ».

La mer en Isère

On trouve encore des traces de cette manufacture, notamment un canon fièrement statufié, ainsi que l'ancienne fabrique de canons, classée Monument Historique en 1986. Elle abrite aujourd'hui un fabricant d'appareillages électriques, « leader européen sur le marché des bornes portuaires » ! Voilà qui nous ramène à la mer. D'ailleurs, à Saint-Gervais, vous goûterez une petite ambiance portuaire : ce port sur l'Isère permettait aux canons d'être acheminés vers Toulon.

À Cognin-les-Gorges, composition baroque

À Saint-Gervais (proche d'Autrans à vol d'oiseau, mais à une trentaine de kilomètres par la route), prenez la direction de Cognin-les-Gorges. Là, vous pouvez vous attarder sur « la vieille église » et « son étonnant fronton à festons encadrant la porte d'entrée. La façade à génoise offre un exemple intéressant et assez rare de composition baroque ».

Séchoir à noix

À Cognin, vous verrez aussi le château et sa belle tour octogonale, et puis le séchoir à noix (classé Monument Historique), « l'un des plus beaux exemples de cette architecture remarquable qui caractérise le patrimoine rural du sud grésivaudan » avec, s'il vous plaît, une charpente en bois de 1776 ! (le Grésivaudan est situé entre le massif de la Grande Chartreuse et la chaîne de Belledonne).

Mais oui, c'est les gorges du Nan !

La force des eaux du Nan a permis aux habitants de cette contrée de bénéficier très tôt de l'électricité, la turbine datant de 1910. Abandonnée puis réactivée, elle permet aujourd'hui d’éclairer les gorges du Nan. Dans le registre du plus petit patrimoine, vous verrez aussi à Cognin une pierre à dîme. Kesako ? La dîme était l'impôt en nature. Cette pierre « est une mesure à grains médiévale, composée de deux cavités. La tradition raconte que la plus grande cavité correspondait à la part du seigneur, la plus petite étant réservée à la portion des serviteurs ».

À demain pour la suite de notre balade tout autour d'Autrans.

V.H.

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