Tout autour de Saint-Dié-des-Vosges

Balade cette semaine autour des villages et hôtels clubs Cap France du Grand Est. On démarre au village vacances de la Bolle, blotti contre la belle forêt vosgienne, à quelques pas de la ville de Saint-Dié, « marraine de l'Amérique ». Nous sommes entre Alsace et Vosges, dans une région qui cultive avec succès un tourisme familial et convivial.

Le Tour de France le 10 juillet

Saint-Dié-des-Vosges, notez-le, est une des villes qui accueillera le Tour de France 2019. Les coureurs s'élanceront le 10 juillet de la ville vosgienne pour rejoindre Colmar, en passant par quelques lieux magnifiques de l'Alsace : Obernai, Barr, Ribeauvillé, Kaysersberg...

L'Europe à portée de main

Puisqu'on cause de guidons, bidons et rayons, notons d'abord l'un des grands avantages d'un séjour à Saint‑Dié‑des‑Vosges : on rayonne ! Dans un périmètre de 30 à 150 km, on attrape Gérardmer, Baccarat, La Bresse, Épinal, Strasbourg, Colmar, Nancy, Mulhouse, Metz, Belfort, Verdun, et aussi l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et la Belgique.

Voyage dans l'Histoire

Mais on peut s'offrir un séjour passionnant en rayonnant plus pépère, en partant à la découverte de Saint‑Dié‑des‑Vosges et de la « Déodatie » (pays de Saint-Dié), sur un périmètre de 0 à 30 km. L'architecture et l'urbanisme de la ville vous font voyager dans l'Histoire, y compris contemporaine. La principale avenue commerçante, rebâtie après la Seconde Guerre mondiale, a été récemment classée « Patrimoine du XXe siècle » par le ministère de la Culture.

Une ville Le Corbusier

La ville entière aurait pu être classée UNESCO, car à l'issue de ce conflit, le célèbre architecte Le Corbusier s'intéresse à Saint-Dié. C'est un industriel local, Jean-Jacques Duval, qui le contacte. Le Corbusier établit alors un plan global de reconstruction de la ville, sur une vision futuriste faite d'unités d'habitation, de cités-jardins verticales et horizontales, d'un gratte-ciel (« édifice des forces civiques et civiles »), d'un « musée à croissance illimitée »...

« Le plan-type » de la renaissance française

« Alors que la maquette et les plans de Saint-Dié connaissent un succès triomphal aux États-Unis et au Canada, Saint-Dié devenant à la face du monde le "plan-type" de la renaissance française, le conseil municipal écarte le projet en 1946 », explique Daniel Grandidier, ancien conservateur du musée. Une décision qui fait encore causer ! La maquette de ce plan révolutionnaire est visible au musée Pierre-Noël, près de la cathédrale (à visiter aussi, notamment pour ses vitraux).

L'usine verte

Le Corbusier bâtira tout de même à Saint-Dié la seule usine de son œuvre, dite « l'usine verte », classée au patrimoine mondial de l'UNESCO et abritant actuellement une production textile.

Saint-Dié et l'Amérique

Que l'Amérique parle de Saint-Dié n'était pas chose nouvelle. 440 ans plus tôt, un groupe d'intellectuels, réunis à Saint-Dié sous le nom de « Gymnase Vosgien », mène des études à partir des récits de l'explorateur Amerigo Vespucci. Il en sort notamment une carte, imprimée à Saint-Dié en 1507, sur laquelle est inscrit pour la première fois le nom « America », en hommage à Amerigo.

Cité celtique

L'un des grands atouts de cette ville se trouve aussi sur ses bords, dans un ensemble de massifs forestiers superbes et vastes, paradis des randonneurs et vététistes. Certains circuits de promenades démarrent du village vacances de la Bolle. L'un de ces massifs accueille un des plus grands sites archéologiques de Lorraine, la cité celtique de la Bure, avec en son bout un panorama grandiose sur la vallée de la Meurthe et sur la Ligne Bleue des Vosges (photo).

Au pays des abbayes

Ce qu'on appelait « la croix monastique de Lorraine » était faite de cinq abbayes, bâties au VIIe siècle. C'est un mystère, et c'est unique en Europe, elles se situent sur un tout petit périmètre et ont été construites sur une trentaine d'années seulement. Trois de ces abbayes demeurent et apportent à cette vallée du nord de Saint-Dié une atmosphère particulière : la princière à Senones, la baroque à Moyenmoutier et la romane à Etival-Clairefontaine (là où sont fabriqués les fameux cahiers Clairefontaine, mais je ne vois pas le rapport !).

Le petit Canada

Montez encore un peu au nord, en direction de Raon-l'Étape puis de Celles-sur-Plaine, vous allez atteindre le Lac de Pierre-Percée, 3e plus grand lac artificiel de Lorraine. Le site est souvent nommé « le petit Canada ». D'abord parce qu'on y trouve un peu l'ambiance de chez nos cousins, grâce à la proximité immédiate de la forêt et de l'eau, sur de vastes étendues. Mais aussi parce que la forme du lac est étonnante, c'est celle de la feuille d'érable, si chère aux Canadiens.

Mystérieux champ de roches

À 25 km au sud de Saint-Dié, voici l'un des lieux les plus insolites de la région, à Barbey-Seroux, dans la belle vallée de la Vologne. Aujourd'hui encore, les scientifiques ne sont pas complètement d'accord sur l'origine de ce champ surprenant : de gros rochers de granit sont amassés sur 400 mètres de long, 40 mètres de large et 7 à 8 mètres de profondeur. La nature ayant horreur du vide, et une explication définitive n'ayant pas encore jailli, les légendes ont pris possession du lieu, promenant des élucidations aux airs d'élucubrations.

Les plus grands épicéas d'Europe

Partons maintenant à l'est de Saint-Dié. En prenant la direction de Fraize (jolie petite ville où l'on trouve des pommes!), vous atteindrez « le défilé de Straiture », un ensemble forestier préservé, majestueux, où l'on côtoie les plus grands épicéas d'Europe. Il y a là de très beaux points de vue, des lieux de promenades, de pique-niques, et quelques ruisseaux qui vous chantent la tendresse.

Le site industriel le plus visité du Grand Est

Tout en haut du défilé, vous voilà au Valtin, un village où l'esprit des Vosges souffle quasi religieusement. En descendant, prenez la direction de Plainfaing. Vous pouvez faire une halte (l'ambiance est très conviviale) à la Confiserie des Hautes Vosges, site industriel le plus visité dans le Grand Est (5e site français).

Bonbons et bergamotes

On y fabrique le vrai, l'unique bonbon au sapin des Vosges. On y produit aussi la fameuse Bergamote de Nancy. N'oubliez pas, pour autant, que les Vosges sont parsemées de petits producteurs qui vous accueillent les bras ouverts. Il y a de tout : du sucré, du salé, du cru, du cuit, du fumé, du solide, du liquide, à consommer sur place ou à emporter.

Tout autour du centenaire de l'armistice

Nous arrivons au seuil d'un mois historique, cent ans après l'armistice de novembre 1918. La région Grand Est a été brutalement frappée par cette guerre. Partout, on trouve des lieux d'hommage et de mémoire. À Saint-Dié, par exemple, vous pouvez vous rendre sur la tombe d'Abel Ferry, personnage exceptionnel, pas seulement parce qu'il était le « neveu adoré » de Jules Ferry, qu'on ne présente plus et qui est né à Saint-Dié.

Collection inédite de ministres

Ce qui surprend d'abord dans le CV d'Abel, c'est son appartenance à une famille où les ministres poussaient comme des champignons : son oncle Jules fut donc ministre et président du Conseil, son oncle par alliance fut ministre des colonies, l'un de ses grands-pères ministre de l'Intérieur puis des Finances, son arrière grand-père maternel ministre de l'Instruction publique sous la Monarchie de Juillet. Quant à sa fille Fresnette, elle épousa le futur ministre de l'Agriculture de de Gaulle, Edgard Pisani.

Le fabuleux destin d'Abel

Il est fabuleux dans le sens où il est hors du commun. Abel Ferry sera, lui aussi, ministre (précisément secrétaire d’État aux Affaires Étrangères). C'est lui qui reçoit Jean Jaurès au quai d'Orsay le 31 juillet 1914, quelques heures avant son assassinat. Jaurès avait entamé cette ultime démarche auprès du Gouvernement, l'implorant de refuser la guerre. Quelques jours plus tard, la France entrait dans la bataille et le ministre Abel Ferry rejoignait le front. Il mourra sur un champ de bataille, dans l'Aisne, deux mois avant l'armistice. Sa tombe, devant celle de Jules Ferry, est visible à Saint-Dié. De là, on découvre une autre belle vue sur la Ligne Bleue des Vosges.

V.H.

À Saint-Dié-des-Vosges, découvrez le village vacances Cap France La Bolle

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