Alpes & Pyrénées : entre rando et escalade, testez la via ferrata

Question sensations fortes et découverte de la nature autrement, c'est pas mal du tout ! C'est même du 100% garanti. Pour en profiter au maximum, la via ferrata nécessite une bonne préparation préalable et une connaissance du terrain. On ne le dira jamais assez : si la montagne est accueillante et généreuse, elle peut être imprévisible. Fantastique et fantasque !

Une voie ferrée entre ciel et terre, faite d'échelles, de rampes, de ponts, de câbles

Si vous recherchez les meilleurs spots de via ferrata en France (sur les 200 au total), vous trouverez surtout des sites alpins mais aussi pyrénéens. L'offre des Alpes est riche en la matière, elle s'explique par l'histoire de ce sport. Il est natif de ce massif. Il est précisément né en Autriche, au milieu du XIXe siècle. Les militaires italiens ont ensuite créé des via ferrata à des fins stratégiques, il s'agissait pour eux de traverser des zones difficiles chargés de leurs bardas. En France, la création de la première via ferrata (celle de la Falaise, dans les Hautes-Alpes) remonte à 1988. Ce sport s'est considérablement développé lorsque les stations de sport d'hiver ont cherché à diversifier leurs activités pour booster les périodes estivales. La vie ferrata s'avérait idéale. Littéralement, une via ferrata est une « voie ferrée », qui n'a rien d'un petit train-train. C'est une succession d'échelles métalliques, fixées sur une falaise ou une paroi rocheuse. Elle est dotée aussi de câbles, de rampes, de ponts, de passerelles. C'est un sport de verticalité, une randonnée aérienne, plus proche de l’ascenseur que de la loco et de ses wagons ! Du train, la via ferrata tient toutefois son caractère collectif. On peut certes partir seul (ceci pour les très entraînés) mais aussi en groupe, avec ou sans guide accompagnateur, tout dépend de votre niveau. C'est une belle activité familiale, possiblement avec des enfants. Mais là aussi, on joue la prudence et la sécurité, on choisit le niveau de difficulté en fonction des participants (et notamment des moins aguerris). Pour les groupes avec enfants, optez pour les niveaux F et PD (Facile et Peu Difficile), cette classification est organisée de F à ED (Extrêmement Difficile). Côté matériels, pas d'improvisation non plus, on part équipés ! Les matériels propres à l'évolution sur une via ferrata (baudriers, longes, casques...) se louent facilement. Il faut aussi prévoir des chaussures appropriées (légères et de randonnée), vêtements thermiques, crème solaire, lunettes de soleil, trousse de pharmacie... Le site de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (dont dépend l'activité via ferrata) vous fournit une liste très complète de tout ce qui est à prévoir en amont (choix de l'itinéraire et des équipements, phases de préparation et d'entraînement...).

Un parcours nature inédit, un autre regard sur l'environnement, une grande bouffée d'air

Lorsqu'on prépare une virée en via ferrata, évidemment on prend garde aussi à la météo. Les professionnels vous invitent à vous renseigner (auprès de guides, ou à la mairie, l'office de tourisme, la gendarmerie) sur l'état des via ferrata, elles sont en plus ou moins bon état. Selon que vous êtes solitaire ou solidaire (l'un n’empêchant pas l'autre !), attrapez aussi des avis sur la fréquentation des via ferrata, certaines sont des vraies autoroutes, d'autres s'apparentent à des petits chemins de campagne. Quel que soit votre choix, vous allez découvrir une activité qui apporte du tonus (ce que produit généralement la vie au grand air) et vous révèle une nature sous un autre angle. En matière de condition physique, il faut en avoir une bonne, sans pour autant être un alpiniste chevronné. Ça paraît tellement évident que j'allais oublier : vous êtes sujet au vertige, évitez la via ferrata, préférez la bonne vieille rando sur terre ! Les ferratistes sont plutôt bien lotis en France avec 200 parcours, dont certains très réputés, et proches de villages vacances et hôtels clubs Cap France : dans le massif des Aravis, en Haute-Savoie, la via ferrata Yves-Pollet-Villard, de niveau D (Difficile) ; à Val d'Isère, la via ferrata du Roc de la Tovière (avec des parties classées PD Peu Difficiles et ED Extrêmement Difficile) ; dans la Maurienne, la via ferrata du diable, à Aussois, avec deux sections pour débutants et enfants sur les sept tronçons ; aux Cauterets, dans les Pyrénées, la via ferrata des Alias qui a la particularité de compter cinq tyroliennes « et même une table de pique-nique suspendue sur le parcours ». Plusieurs villages et hôtels clubs Cap France intègrent dans leurs programmes de loisirs des initiations à la via ferrata. C'est par exemple le cas du Bérouze, en Haute-Savoie... qui vous propose pour le retour de votre via une gamme de loisirs d'un autre tonneau : séances de massage ou soirées barbecue (entre autres). Les pieds bien sur terre et les doigts de pied en éventail, c'est très bon aussi pour la santé.

Vianney Huguenot
Journaliste, hexagone-trotter, également chroniqueur en radio et animateur en télévision, il sillonne la France depuis plus de vingt ans, alternant les coins méconnus et les pépites incontournables du tourisme français.

Photo : Office de Tourisme des Cévennes

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