Angers et sa Maison Bleue

Je vous dirais bien d'aller habiter Angers. C'est si difficile ici de vous pondre une sélection pour quelques jours de vacances ; vous en avez pour des plombes si vous voulez faire le tour de la question.

S'il s'agit d'une villégiature expérimentale, commencez donc le test par le quartier de la Doutre. C'est ce que j'ai fait et j'en suis rentré emballé tant rôde ici, en pleine ville, un air campagnard apaisant. C'est dans ce quartier que je me suis essayé à la fameuse boule de fort, une sorte de boule de pétanque aplatie dont les origines sont multiples et plus ou moins loufoques. C'est une vieille et belle habitude française qui consiste à boucher avec de la légende tous les trous de mémoire de nos livres d'histoire.

Il faudra ensuite que vous n'oubliez pas de goûter le Cointreau, breuvage natif du lieu, et de précéder cette cérémonie d'une descente patriote chez les viticulteurs du cru.

Bien sûr, vous n'aurez pas manqué le château-forteresse et ses 17 tours, tout près duquel j'ai bronzé en terrasse, à l'aide d'un Cabernet rosé d'Anjou dont je dois reconnaître l'efficacité héroïque – bien mieux qu'une cure d'UV sous boîte – pour choper vite un teint hâlé.

Afin que nous restions amis, chers amis, je vous file deux rencards absolument inloupables. D'abord la Maison Bleue, qui brille à l'angle du boulevard Foch et de la rue d'Alsace, le maréchal n'étant pas Alsacien mais là n'est pas la question. Cette Maison, à laquelle je colle sur la tête un M évidemment majuscule, est un pur chef d’œuvre de l'Art déco, classé Monument historique depuis 1998.

Et puis, dans le Baugeois, à une quarantaine de kilomètres d'Angers, voyez ces clochers surprenants . Il y en a 80 en Europe, dont la moitié en France, essentiellement dans l'Anjou. On les dit clochers « tors », ou « tordus », « tournés » ou « grotesques ». Certains disent les clochers « bourrés », simplement – encore une légende – parce qu'ils auraient été l’œuvre de charpentiers un peu trop portés sur le goulot. Et bien je dis chapeau ! Là aussi, de nombreuses tentatives d'explication s'affrontent sur l'origine de cette architecture surprenante. On dirait que quelqu'un – un dieu, un diable, un géant, un fantôme, pensez ce que vous voulez – a pris le clocher bien droit, ou bien rond. Entre ses doigts, il tint le coq, fit tourner le chapeau sacré comme on remonte une pendule, et puis le reposa, tout froissé, parfois de travers, sous le regard stupéfait de quelques bigotes. Elles promirent, depuis, de ne plus siroter les coteaux du Léon. Voyez, ce n'est pas si compliqué de décoffrer une légende.

Crédit photo : Angers Loire Tourisme / Jean-Sébastien Evrard

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