Aurillac et son bilan carbone remarquable

Je serais Aurillacois, j’aurais collé une plainte aux fesses de Cherbourg et de ses parapluies de Cherbourg. Non mais quoi ! Le vrai, le fieffé, l’indubitable, le véritable, le 100% français, c’est le pébroc d’Aurillac. La capitale du Cantal possède encore d’authentiques fabriques de pépins. Ce qui lui confère un rôle tout à fait à part dans l’organisation de notre beau pays. Non contente d’avoir enfanté le pape de l’an 1000 et élevé sur ses terres le célèbre cheval qui ramena Napoléon de Russie, Aurillac a fondé un sentiment unique au monde : une fierté, mêlée d’impatience et de jubilation, à attendre la pluie. Voilà qui la range parmi les villes rares et originales, déclassant au passage cette ribambelle de cités banales et balnéaires qui ne savent plus très bien laquelle d’entre elles a déposé le brevet de cet autre sentiment, si quelconque : une fierté, mêlée d’impatience et de jubilation, à attendre le soleil. Vous avez bien sûr noté que l’activité consistant à attendre la pluie se fait généralement sous le soleil, dont Aurillac, donc, ne manque pas (malgré la réputation mouillée qui lui colle au K‑Way depuis l’invention de la grenouille).

Très unique aussi, le palais de justice, d’un style néo-grec , comme on dit. Moi je dirais « grec » tout court. C’est à dire qu’une immense colonnade occupe tout votre espace visuel et vous file l’idée d’aller un jour, peut-être, vous faire voir chez les Grecs. A l’origine, ce bâtiment abritait à la fois la gendarmerie, le tribunal et la prison, ce qui réduisait considérablement les transports. Vous rentriez délinquant par un bout du bâtiment, vous en sortiez, quinze ans plus tard, par l’autre bout, tout ça avec un bilan carbone des plus remarquables. Je sais donc enfin où est né le dicton auvergnat, « un chou, c’est un chou » !

Depuis cet autre bout du palais, vous pouvez descendre vers la vieille ville – délicieusement splendide avec ses demeures des XVIIe et XVIIIe siècles – et avant de tourner à gauche sur une rue piétonne, vous allez attraper une carte postale. Une vraie ! Vous êtes en centre-ville et vous avez sous la main, sous les yeux, une vue sur la montagne toute proche. Elle est quasiment dans la ville, s’immisçant partout, curieuse, ronde, paisible, fleurie, accueillante, fabricante d’un fromage terrible. Terrible, dans le sens de formidable. J’aurais pu dire tout de suite « sans égal », ça m’aurait économisé des lignes (un chou c’est un chou ! non de non !)

Tenez, puisqu’il vous reste de la monnaie, mettez donc deux litres de pétrole dans votre mobylette et poussez jusqu’à Maurs-la-Jolie (où il y a un très joli village vacances Cap France). Cette petite ville est un bijou. Le jeudi, ils y collent même des diamants sur le bijou. Le jeudi, c’est jour de marché. Un marché typiquement… auvergnat. Pas seulement. Typiquement… Français. Oui, aussi, mais du sud français, du midi de l’Auvergne. Typiquement… campagnard. Oui, pas de doute, mais c’est plutôt du typiquement unique, typiquement rustique et bucolique en même temps. Typiquement typique, quoi !

Découvrez dès maintenant le village vacances La Châtaigneraie, à Maurs-la-Jolie

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