Montpellier et son positivisme lumineux

Vous n'êtes pas dans votre assiette, vous avez le genou mou, le pied-bot, l'autre plat, l’œil glauque... bref, vous êtes bof. Pour vous remettre sur pieds, voici mon ordonnance : allez à Montpellier ! Cette ville est une merveille. Mieux, elle est un remède.

Histoire de vous relaxer, partez d'abord respirer le goût de l'authentique, faites un tour dans le quartier de Saint-Roch, au cœur de la ville, où vous accueille une bande d'artistes créateurs (cuir, céramique, verre, bijoux, fringues, chaussures, de quoi satisfaire toute la petite famille). Il est recommandé, en petites foulées si vous voulez, de déambuler ensuite au hasard, dans « ce dédale de ruelles étroites et de cours intérieures ». Il faudrait que vous ingurgitiez aussi quelques pilules de découvertes architecturales. Vous avez ce qu'il faut sur place. Le mélange des styles est étonnant ; vous avez du vieux, très vieux, très émouvant. Et du très moderne, très surprenant, comme l'Hôtel de Ville, « prouesse architecturale née de l'imagination de Jean Nouvel et de François Fontès ».

Quand vous saurez que cette ville abrite le plus ancien jardin de plantes de France – créé par Henri IV – et que vous y aurez traîné vos guêtres et vos grolles, vous apercevrez alors la guérison toute proche. D'autant que vous n'aurez pas manqué de soigner votre amour du made in France en sirotant un de ces grands vins du Languedoc. À déguster en lisant Rabelais, merveilleux fondateur de la littérature paillarde et épicurienne, qui a fait ses années de médecine à Montpellier. Car il était aussi médecin. Comme Michel de Nostre Dame (nom de scène : Nostradamus), qui n'était pas que devin. Lui aussi était étudiant-diant-diant ici, dans cette université, « la plus ancienne école de médecine du monde n'ayant jamais cessé de fonctionner ».

Si vous êtes dans le jardin, en mode séduction, une jolie fille, ou un joli garçon, venant de s’asseoir près de vous, planquez votre Rabelais, dégainez un Auguste Comte. Ça le fait mieux pour un travail d'approche. Comte, ce magnifique philosophe, père du positivisme, est né à Montpellier.

Positivez ! C'est ça la recette. Vous sentez, là, comme votre genou devient moins mou, vous reprenez des couleurs, vous sifflotez, vous décidez même d'attraper un chemin de Saint-Jacques de Compostelle pour terminer de sculpter votre splendide châssis. Bonne pioche, car passe ici l'une des voies historiques des chemins de Saint-Jacques. La plupart des pèlerins vous diront que c'est le chemin qui compte, pas l'arrivée à Compostelle. Bien. Vous pouvez donc continuer de tournicoter dans Montpellier. Ce qui me laisse du temps pour vous dire que Saint-Roch, dont je vous ai parlé du quartier, est natif d'ici. Comme Juliette Greco, la plus resplendissante de tous les médecins du monde. Les ordonnances de Georges Brassens étaient aussi très réputées, et efficaces. Georges est de Sète, la ville voisine, où vous devriez aller faire un tour aussi.

Ça va mieux ? Parfait. Au suivant...

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Photo : Mary Tronel-Peyroz / Office de Tourisme de Montpellier

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