Petite histoire des grands ponts (5/8) : Auvergne-Rhône-Alpes

Mai, c'est le mois des ponts, de ces congés à rallonge que nous envie la terre entière (bande de jaloux !). C'est une belle occasion de partir en balade dans la petite histoire des grands ponts.

Les légendes des premières pierres

Si vous préférez les départementales aux autoroutes, la D1201 à l'A41 pour aller de Genève à Annecy, vous emprunterez le pont de la Caille (Haute-Savoie). Il est spectaculaire de par son architecture mais aussi par le vertige qu'il vous procure s'il vous vient à l'idée de vous approcher des balustrades (n'en faites point trop!). Ce pont franchit les gorges profondes de la rivière des Usses. Il rappelle aussi que toutes les grandes constructions franchissent l'étape de la première pierre de façon plus ou moins légendaire.

Tradition civilisée en Haute-Savoie

Aujourd'hui, au cours de la cérémonie de pose de première pierre, on glisse généralement dans celle-ci un parchemin. On y inscrit qu'untel est le maître d’œuvre, untel autre le financeur, et-cetera. Il fut une époque, comme pour ce pont de la Caille (nous sommes en 1839), où la première pierre était emplie de pièces d'or. Une tradition civilisée au regard de certaines légendes qui rapportent que « pour assurer la solidité de l'édifice, on y emmurait une créature humaine ». Ceci se passe dans les pays scandinaves.

Les maquisards à l’œuvre dans l'Ain

À une centaine de kilomètres au nord-ouest, en direction de Bourg-en-Bresse, le majestueux viaduc de Cize‑Bolozon (Ain) vous rappellera l'un des nombreux épisodes des maquisards. Faire sauter les ponts stratégiques constituait une activité importante de la Résistance. En juillet 1944, les maquisards décident de faire sauter la première pile de l'immense viaduc de Cize-Bolozon. On imagine leur surprise quand, par un effet domino, dix des onze arches se retrouvèrent à terre.

À Nyons et Lyon

Dans cette saga des ponts, ils sont des centaines à vous étonner par leur résistance au temps. C'est le cas du pont de Nyons, dans la Drôme. Bâti à partir de 1341, il reçut 600 ans plus tard quelques modifications pour supporter le passage des voitures, sans rien perdre de sa grâce. Aussi gracieuse, dans un autre genre, la passerelle lyonnaise Saint-Georges fut dynamitée par les Allemands. Reconstruite, rebaptisée Passerelle Abbé Paul‑Couturier, « en l'honneur de ce prêtre qui contribua aux échanges interconfessionnels », on la nomme aussi Passerelle des amoureux. Les Lyonnais, comme les Parisiens du pont des arts, y accrochent des cadenas.

L'incontournable viaduc de Garabit

En Auvergne, l'incontournable est dans le Cantal, à Ruynes-en-Margeride : c'est le plus haut viaduc du monde lors de sa construction, de 1880 à 1884. Vous avez reconnu le viaduc de Garabit, évidemment classé. Vous pouvez le voir au cinéma, notamment dans « Un pont de trop » de Costa-Gavras ou dans « L'enfer » de Clouzot, mais je vous assure que rien ne vaudra jamais une vision de près : c'est déroutant, éblouissant, presque déconcertant.

L'Auvergne aligne les records

Mêmes sentiments procurés mais avec un plus petit pont, parmi les plus charmants de France, celui de Vieille‑Brioude (photo), en Haute-Loire. Par temps clair, l'arche se reflète dans l'Allier et forme un rond parfait. Construit au XIVe siècle, « il fut pendant quatre siècles la plus grande voûte du monde ». Pour attraper un autre record mondial, remontez vers le Puy-de-Dôme, à Sauret-Besserve. Voici le viaduc des Fades : le plus haut pont du monde il fut, « toutes catégories confondues ». S'il est aujourd'hui au 43e rang mondial, il conserve le record mondial « des plus hautes piles de pont en maçonnerie traditionnelle jamais construites ».

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