Petite histoire des grands ponts (2/8) : Occitanie

Mai, c'est le mois des ponts, de ces congés à rallonge que nous envie la terre entière (bande de jaloux !). C'est une belle occasion de partir en balade dans la petite histoire des grands ponts.

De là-haut, 20 siècles nous contemplent

L'Occitanie, grâce à sa géographie, est une mine de ponts et viaducs. Sans vouloir offenser les autres, il y a deux maîtres dans cette région. 1- Le pont du Gard, bâti autour du Ier siècle, à l'origine aqueduc conduisant l'eau d'Uzès à Nîmes 2- Construit 20 siècles plus tard, le viaduc de Millau, qui donne le vertige rien qu'en regardant les chiffres : 343 mètres, record mondial de hauteur, plus haut que la Tour Eiffel !

Que vient donc faire Pantagruel ?

Les ponts sont si magiques qu'ils savent même ouvrir des livres. La littérature française, la chanson, la peinture, le cinéma... sont truffés de ponts. À ce propos, le pont du Gard est-il l’œuvre de Pantagruel ? C'est ce que laisse entendre son papa, François Rabelais. Galéjade, dit-on là-bas. En tout cas, c'est quasi-sûr, Rabelais est allé se balader là-haut.

Gustave Eiffel recalé

Revenons dans l'Aveyron, où vous devriez (c'est une suggestion) ne pas louper le viaduc du Viaur (photo). Certes il permet que les trains de Castelnaudary à Rodez arrivent à bonne gare, mais il illustre aussi le génie français. Implanté sur Tauriac-de-Naucelle (Aveyron) et Tanus (Tarn), il plane sur le plus long arc métallique du monde (le plus long à l'époque de sa construction, en 1902). Il fut aussi un mauvais souvenir pour Gustave Eiffel qui avait candidaté et fut recalé. C'est l'ingénieur Paul Bodin auquel le marché sera attribué.

Avec le temps, va, tout ne s'en va pas !

Si vous êtes près de ce viaduc, vous pouvez prendre la direction du Tarn et aller découvrir le Pont-vieux d'Albi, construit au XIe siècle. Avec le temps, il a perdu pas mal de trucs (pont-levis, chapelle, tour...) mais je vous assure qu'il a conservé un charme fou. Aussi charmant (si vous prenez la direction de l'Aveyron), le pont d'Espalion (où l'on inventa le scaphandre). Avec ce pont, le Vieux Palais et tout ce qu'il y a autour, vous allez voir l'ambiance de ouf ! Elle court à cheval sur le Moyen-Âge et la Renaissance.

Un pont petit diable...

Dans l'histoire française des ponts, il y a ce mystère : pourquoi tant de ponts se nomment « pont du diable ». Chaque pont a son histoire. A Cahors (Lot), par exemple, le pont du diable (ou pont Valentré) doit son nom à une légende selon laquelle les constructeurs du pont auraient pactisé avec Satan pour que les travaux s'accélèrent. Et puis Satan trahit son engagement (je fais court). Regardez bien sur ce pont la trace qu'il reste de cette légende : une sculpture d'un diablotin descellant une pierre.

À Saint-Jean-de-Fos

Notez quand même que ce pont de Cahors est l'un des plus beaux ponts fortifiés de France. Quant au pont du diable de Saint-Jean-de-Fos, dans l'Hérault, il est l'un des plus vieux ponts romans français. Pour le choix de son nom, c'est presque kif-kif avec le nom de son collègue de Cahors. C'est aussi une histoire de contrat de confiance rompu par le diable, sans l'accord préalable des deux parties. Faut dire qu'on s'y attend avec Satan.

Et dans les Pyrénées

Évidemment, je sélectionne et c'est difficile dans une région si vaste et si « pontue ». Dernier virage avant la pause, arrêtez-vous entre Sauto et Planès, dans les Pyrénées-Orientales. Le pont suspendu de Cassagne rappelle une chose : il n'y a pas que le Pont-neuf parisien qui fut emballé (par l'artiste Christo), celui-ci aussi ! Pour l'emmener afin qu'il soit repeint dans une entreprise spécialisée, « le pont de Cassagne fut emmailloté afin d'éviter la dispersion des particules de plomb ». 

Programmez dès maintenant vos prochaines vacances en Occitanie !

Crédit Photo : Tarn Tourisme

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