Reims et son ange rebelle

Avez-vous déjà remarqué, sur les églises, les cathédrales, tous ces anges qui matent le chaland. Et la bouille qu’ils tirent. On dirait qu’on vient de leur piquer leur quatre-heures. Même chez les chefs de service des anges, les archanges, ça ne se bidonne pas tous les jours. Et bien à Reims, sur la cathédrale (qu’il faut absolument aller voir), l’ange se rebelle. Sur la façade, composée de 2303 pièces, il est accroché entre les roses et il se marre. Et pourquoi donc sourit-il ? Je dirais ceci, sans pouvoir affirmer que ma version est valide : disons que la cathédrale de Reims, avec ses 33 sacres de rois, est une maison fort réputée ; l’ENA, à côté, c’est juste un bahut de sous-préfecture.

Mais le mieux, c’est que cette cathédrale a baptisé le premier roi de France estampillé chrétien, notre cher Clovis. En sortant de la cathédrale, alors qu’il recevait une pluie de grains de riz fleurissant sa fière et blonde moustache, il n’était plus barbare. Puisqu’il était chrétien. C’est là, peut-être, l’explication du rictus de l’ange… Ou alors, on lui a dit que la ville avait été fondée par Raimu, le pote à Fernandel. Jusqu’à ce qu’on lui explique qu’il s’agit en fait, probablement, de Remus, frère de Romulus, lui-même fondateur de Rome.

Ou peut-être notre ange rebelle s’est-il pochetronné aux bulles ? Car à Reims, n’oubliez pas que vous êtes dans l’une des villes françaises les plus réputées au monde, dans la capitale du Champagne, abritant les sièges des plus prestigieuses maisons, Taittinger, Canard-Duchêne, Mumm, Veuve Clicquot. Vous pouvez visiter certaines de leurs caves. La ville de Reims compte, en sous-sols, 120 kilomètres de caves, et en sur-sols, la plus ancienne biscuiterie de France (Maison Fossier, fondée en 1757) et peut-être bien aussi le créateur de la formule célèbre et bêtement galvaudée : aller tremper son biscuit. Je le dis, car le fait de tremper un biscuit dans le champagne ou le café au lait n’est qu’une figure de style gastronomique, c’est tout. N’allez pas chercher d’interprétations érotiques.

Avant que je me tire à Aurillac, notez aussi ceci sur votre petit post-it jaune collé sur le frigo :

  1. Se caler une journée spéciale architecture. Reims est éblouissante. Le fait que la ville ait été détruite aux trois-quarts, pendant la Première Guerre mondiale, explique le fait qu’elle ait été reconstruite aux trois-quarts, après la Première Guerre mondiale. Donc, vous allez trouver tous les grands courants architecturaux du XXe siècle (admirez notamment l’exceptionnelle verrière Art Déco du Café du palais)
  2. Pousser jusqu’à Verzenay. Vous allez y voir un phare unique au monde. Il surveille un océan de vignes. A part le phare à On et le phare à Dick, je crois bien que c’est le phare le plus éloigné de la mer.
  3. Faire un crochet par la forêt de Verzy. « Elle renferme la plus large concentration mondiale de Faux. Il s’agit d’une variété de hêtres aux rameaux et branches tortueux, dont l’origine reste encore obscure pour les botanistes. Les Faux de Verzy, arbres spectaculaires à la croissance très lente et à la longévité exceptionnelle, participent grandement à la singularité du parc. »

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