Route Napoléon

Amateurs de grande Histoire, à vos marques... Voici l'une des plus légendaires routes de France, nous menant de Golfe-Juan à Grenoble. En mars 1815, Napoléon l'emprunte et, au gré de tribulations et de surprises en rafale, galope vers Paris et son retour au pouvoir.

À Golfe-Juan

Le 1er mars 1815, à l'aube, Napoléon débarque discrètement à Golfe-Juan, dans les Alpes-Maritimes. Il revient de l’île d'Elbe où l'avaient exilé les dirigeants européens qui le détestaient et n'en pouvaient plus de ses guerres et de ses invasions. Trois ans plus tôt, la France dominait l'Europe et représentait un empire exceptionnel.

En présence du célèbre auteur de « Merde ! »

Sur l'île d'Elbe, Napoléon « s'emmerde » et décide de revenir en France. Il arrive donc à Golfe-Juan. Il n'est pas seul, un millier d'hommes est à ses côtés, dont le fameux général Cambronne auquel la France doit l'un de ses mots les plus célèbres : « Merde ! », adressé aux Anglais, à Waterloo, qui lui demandaient de se rendre.

Quand la Croisette était un chemin

Les troupes de Napoléon entament leur route par Cannes et sa Croisette, qui n'est alors qu'un chemin de terre. Pas de starlettes en bikini, juste l'inquiétude qui rôde. La Provence est en effet plutôt hostile. Napoléon préfère donc éviter Marseille et rallier Paris par le Dauphiné, fidèle aux idées de la Révolution. Le voici à Grasse, où se déroule un événement inattendu.

Les violettes de Grasse

À Mouans, un bedeau fait sonner la cloche. Napoléon craint qu'il donne l'alerte et qu'à Grasse, un peu plus loin, le comité d'accueil lui soit hostile. Il contourne donc la ville mais il est reçu le lendemain avec des violettes. C'est l'un des premiers signes d'une popularité retrouvée (ou jamais vraiment perdue malgré l'exil).

Deux œufs pour vingt francs

L'avancée n'est pourtant pas si simple. À chaque instant, l'expédition redoute l'arrivée de troupes royalistes. De plus, il fait froid et les chemins sont en mauvais état. La troupe va même perdre le trésor finançant l'aventure, le fourgon qui le transporte tombant dans un ravin. Les deux œufs que commande Napoléon à un aubergiste (au col de Chaudon) sont d'autant plus coûteux. « 20 francs, c'est une somme ! - dit Napoléon au gargotier – les œufs sont-ils si rares ici ? » Du tac au tac, l'aubergiste répond : « les œufs, non. Mais les empereurs, oui ! ».

Acclamé à Gap

La Team Napoléon poursuit sa route : Digne-les-Bains, Sisteron, Gap, où il est acclamé. « Enfin, nous voici en France ! » dit alors Napoléon à l'un des officiers. Pourtant, quelques kilomètres plus loin, on le prévient qu'il est attendu de pied ferme, avant Grenoble, par les troupes de Louis XVIII qui voit d'un mauvais œil le retour de l'empereur.

Tout bascule à Laffrey

L'épisode le plus important se déroule à Laffrey, en Isère. Un bataillon royaliste est là pour lui barrer la route. Napoléon descend de son cheval et s'adresse aux soldats du roi : « Me voici ! » (ceci n'étant qu'un extrait de sa bafouille). Pas un ne bronche, puis les ennemis fraternisent. Vous pouvez visiter ce lieu historique, qu'on appelle aujourd'hui « la prairie de la rencontre » (photo).

Grenoble en liesse

Napoléon, s'il était un grand stratège, était aussi un communicant. Et comme le petit poucet semait des cailloux, lui sème des petites phrases à tout-va. À Grenoble, il offre celle-ci, évidemment gravée et exposée dans la ville : « Avant Grenoble, j'étais aventurier. À Grenoble, j'étais prince ». C'est une foule en liesse qui l'accueille le 7 mars. Le 9, il est à Lyon, le 13 à Mâcon, le 20 à Paris. Pari gagné...

Crédit photo : Académie Napoléon

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