La fondue est-elle savoyarde ?

Classée parmi les grandes recettes populaires de France, la fondue savoyarde est-elle pour autant française et savoyarde ? Bé oui, disent les Savoyards, puisqu'elle se nomme ainsi. Bé non, répondent les Suisses, qui revendiquent la paternité de la fondue et en ont fait un plat national.

Ça fondait déjà avant Jésus-Christ

L'affaire est assez mystérieuse en fait. De cette recette de fromage fondu dans lequel on trempe du pain, on en parle depuis l'Antiquité : « la plus ancienne description de la fondue figure dans une œuvre antique et illustre. L’Iliade de Homère, composée entre le IXe et le VIIIe siècle avant Jésus-Christ, parle d'un breuvage qui ressemble étrangement à la fondue au vin », peut-on lire sur le blog du Guichet du Savoir.

Estendez le tout avec du pain passé

En 1651, apparaît dans un livre de recettes du cuisinier François Pierre de La Varenne « une recette à base de fromages fondus et de pain, dénommée Ramequin de fromage » : « Prenez du fromage, faites-le fondre avec du beurre, oignon entier, ou pilé, sel et poivre à force, estendez le tout sur du pain passé ».

Vin blanc ou champagne

En 1734 et 1794, deux autres cuisiniers français présentent cette recette avec quelques variantes. Vincent La Chapelle, par exemple, ajoute l'ail rocambole, les œufs brouillés, les truffes et suggère que le vin blanc puisse être remplacé par du champagne. Certains résument d'ailleurs la fondue savoyarde à une méthode pour faire fondre le fromage avec du vin.

Un mets pacifique

Cette recette du « moitié-moitié » est parfois reliée à la légendaire soupe suisse au lait de Kappel. C'est l'histoire d'une marmite pleine de lait posée à la frontière entre les armées catholiques et protestantes de Suisse qui se chamaillaient au XVIe siècle. Mais elles faisaient la paix autour d'une marmite dans laquelle les soldats des deux camps venaient tremper leurs bouts de pain. Cet élan pacifique épatait l'un des médiateurs du conflit, le maire de Strasbourg : « Vous, confédérés, vous êtes d'étranges gens ; quand même vous avez noise ensemble, vous restez pourtant unis et n'oubliez jamais la vieille amitié ».

Recette popularisé par le tourisme

Puisque ce plat est pacifique, mettons-nous d'accord sur le fait qu'il nous vient de loin et qu'il est Suisse et Savoyard à la fois. Et même s'il est à l'origine plutôt un plat de gens riches, il est d'abord un bon moyen de tambouiller une bonne ambiance. Ce n'est pas pour rien que le tourisme, et particulièrement les sports d'hiver, ont popularisé cette recette en France, à partir de 1950.

Les bronzés sont fondus

Les mémorables « Bronzés font du ski » (photo) nous le rappellent avec humour... et régulièrement. Car ce film est dans le Top 300 (à la 239e place) des films les plus diffusés à la télévision depuis 1957. Il est passé douze fois. Et là, vous brûlez d'envie de me demander quels sont les premiers de la liste ? Vous serez sans doute surpris à la lecture de ce document : il recense les 579 films les plus télévisés. La grande vadrouille, par exemple et contrairement à ce qu'on pense, n'est « que » 60e, avec 16 passages à la télévision.

Tiens, puisqu'on parle de gourmandises...

Le Capitan, d'André Hunebelle, avec Bourvil et Jean Marais, arrive en tête avec 24 diffusions. Tiens, puisqu'on parle de gourmandises, notez que les films autour de la bouffe, bonne ou mauvaise, se mitonnent pas trop mal sur le petit écran : en n°4, Le grand restaurant ; n°39, La cuisine au beurre ; n°40, La moutarde me monte au nez ; n°68, Adieu Poulet (qui n'a rien à voir avec la boustifaille !) ; n°69, L'aile ou la cuisse, sorti en salle il y a presque un demi-siècle... et tellement prémonitoire.

V.H.

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