Parcours Philippe-Noiret

Il était l'un des acteurs les plus populaires, baladant sa gentillesse, son cigare et son air british dans l'univers du cinéma français. Philippe Noiret est parti (sans doute à cheval) il y a tout juste douze ans, le 23 novembre 2006. En projetant sa filmographie, on s'offre un tour de France merveilleux.

Dans le Nord-Pas-de-Calais

On entame la balade dans sa ville natale, Lille, qui a baptisé une salle des fêtes à son nom, entre la place des Poètes et la rue Corneille (des voisins que l'acteur apprécie probablement). Le Touquet (photo © letouquet.com) lui a offert une rue, qui donne sur le hameau du parc, donnant lui-même sur le centre équestre... Philippe-Noiret.

À quatre pattes sur la plage du Touquet

Noiret était un fou de chevaux et au Touquet, il a passé tous ses étés depuis son enfance. « J'ai une photo de lui à quatre ans, à quatre pattes sur la plage du Touquet. Tous les étés, ses parents venaient en villégiature ici, ils arrivaient en juillet et repartaient en septembre. Toute sa vie, il est revenu chaque été ici », confiait Monique Chaumette, sa compagne.

À Paris, ripoux et grande bouffe

L’Île de France évidemment a accueilli moult fois Noiret pour des tournages. À Paris, il a joué dans Les Ripoux (son plus gros succès au cinéma avec 6 millions d'entrées). Allez traîner au bistrot La Renaissance, dans le 18e (rue Championnet), vous visionnerez avec bonheur des scènes du film. L'un de ses films les plus célèbres fut aussi La grande bouffe, tourné dans une villa au 68 de la rue Boileau, dans le 16e arrondissement.

Les puces de Saint-Ouen

À lui seul, le film Zazie dans le métro vous propose un itinéraire touristique parisien très sympa. Cette formidable comédie de Louis Malle vous emmène à l'église Saint-Vincent-de-Paul, à la gare de l'est, sur le marché aux puces de Saint-Ouen, à la galerie Vivienne ou sous le très beau passage du Grand-Cerf, dans le 2e arrondissement.

Dans la forêt de Rambouillet

En 1961, Philippe Noiret joue aux côtés de Jean Marais et Louis de Funès, dans Capitaine Fracasse. Plusieurs scènes sont tournées dans la forêt de Rambouillet (Yvelines), située partiellement sur le périmètre du Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse. Une autre partie du film est tournée dans l'Eure-et-Loir. Et bien, en Eure-et-Loir, allons voir...

Alexandre l'Eurélien bienheureux

L'Eurélien est un habitant d'Eure-et-Loir. Philippe alias Alexandre est un récent veuf, pas mécontent que sa légitime, une tyrannique de la pire espèce, soit « partie aux fleurs » (expression signifiant la mort, inventée par Brel). Bref, Alexandre se la coule douce depuis que « la grande » s'est évaporée. Le film est signé Yves Robert, il est un hymne au savoir-vivre et fut tourné à Alluyes et Dangeau, au sud de Chartres, dans la région Centre Val de Loire.

Chouette, la Bretagne

On part vers l'ouest. Nous voici en Bretagne qui reçut l'équipe du tournage d'un des films qui a marqué la carrière de Noiret : Chouans ! (les Chouans, dont le nom est tiré de la chouette). C'est en 1988 que Philippe Noiret vient tourner cette grande fresque historique, avec Philippe de Broca (réalisateur), Sophie Marceau, Lambert Wilson et bien d'autres. A Belle-Île-en-Mer, Baden et Quistinic (Morbihan), à Fort-la-Latte (Côtes d'Armor) ou à Locronan (Finistère), on se souvient bien de cette saga cinématographique.

En Poitou-Charente, les inspecteurs se tirent la bourre

C'est le génial Pierre Granier-Defferre qui signe Noyade interdite en 1987. S'opposent Philippe Noiret, alias inspecteur Molinat, et Guy Marchand, alias inspecteur Leroyer, dans une enquête policière et maritime. On croise aussi Andréa Ferréol (déjà avec Noiret dans La grande bouffe), Marie Trintignant ou Suzanne Flon. Le film est en partie tourné à Royan et dans la station balnéaire de Saint-Palais-sur-Mer (où résida aussi Léon Trotsky... qui n'était pas acteur !).

L'un des plus grands rôles de sa vie

Philippe Noiret doit à l'Aquitaine et à Midi-Pyrénées. En Lot-et-Garonne et Tarn-et-Garonne, il tourne Le vieux fusil, l'un des plus grands rôles de sa vie. Il est ce médecin meurtri qui venge la mort de sa femme (Romy Schneider) et de sa fille sauvagement assassinées par des SS. Le film est un chef d’œuvre, troublant : même les figurants, d'après plusieurs critiques de cinéma, étaient mal à l'aise à l'occasion du tournage de plusieurs scènes.

En Aquitaine et Occitanie

Plusieurs châteaux forment les décors de ce film de Robert Enrico, qui vaut à Philippe Noiret son premier César du meilleur acteur : le château de Bonnaguil (Lot-et-Garonne) et celui de Bruniquel (Tarn-et-Garonne). Le premier a d'ailleurs connu l'écrivain Lawrence d'Arabie, 70 ans plus tôt, venu en tant qu'archéologue. Quand au second, il accueille chaque année des professionnels spécialistes de « l'opéra-bouffe », dans le cadre du festival des châteaux de Bruniquel.

Les côtelettes du Gard

Toujours en Occitanie, précisément dans le Languedoc-Roussillon, c'est à Beaucaire (Gard) que débarque l'équipe de Bertrand Blier, venue mettre en boîte une partie du film Les côtelettes. Philippe Noiret est là. Michel Bouquet aussi. Sans oublier le donjon du château de Beaucaire, là aussi, avec sa jolie forme triangulaire.

Dans l'Ariège, Noiret passait par là

Toujours dans le sud de la France, à Saverdun (Ariège), Philippe Noiret enregistre son dernier film, sorti en salle après sa mort, Trois amis. Le réalisateur est Michel Boujenah, Noiret joue le rôle d'un concessionnaire Mercedes. Il ne tourne que deux jours, il est épuisé et demande à Boujenah d'inscrire au générique : « Avec Philippe Noiret, qui passait par là ».

En Auvergne Rhône-Alpes, rien que du beau monde

Dans la grande région Auvergne Rhône-Alpes, Philippe Noiret s'est pointé souvent avec sa gueule d'acteur. À Roanne (Loire) et à Ambert et Maringues (Puy-de-Dôme), il interprète un professeur dans un film déroulant une histoire sur fond de règlements de comptes d'après-guerre. C'est Uranus, réalisé par Claude Berri, avec pour complices à Noiret, Depardieu, Marielle, Blanc, Galabru, Luchini et Prevost, rien que du beau monde. Si vous entamez ce parcours Noiret, en arrivant à Maringues, allez jeter un œil sur l'hôtel des ducs de Bouillon, en pierre de lave, magnifique.

Avec Simenon à Lyon

Dans cette région, on retrouve aussi Philippe Noiret dans le vieux Lyon, tournant L'horloger de Saint-Paul (1974, réalisé par Bertrand Tavernier), inspiré d'un roman de Georges Simenon. Il est à Lyon avec son vieux complice et ami Jean Rochefort. Dans le Galibier, Noiret joue Tataïev, un directeur d'hôtel moscovite, dans Twist again à Moscou... tourné en Yougoslavie et en Savoie.

La vie en Lorraine et rien d'autre

On termine en prenant la route du Grand Est. On va vadrouiller à Verdun, lieu de tournage de La vie et rien d'autre, qui valut à Philippe Noiret son deuxième César de meilleur acteur. Un film de Bertrand Tavernier qui fut, au total, nominé onze fois aux César. Un chef d’œuvre, en effet.

V.H.

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