Promenons-nous dans le 15e

Un salon, même bercé par une belle ambiance festive, peut s'avérer fatigant. Si par bonheur, vous venez nous rendre visite au salon Destinations Nature, voilà une idée de sortie pour vous aérer la tête. On part en balade dans le 15e arrondissement, celui qui abrite Paris Expo, près de la porte de Versailles. Dans ce 15e, tous les goûts vont frétiller. Tous s'y retrouvent, amateurs d'architecture, fans de Brassens, fous de DS, dingues de ciné, passionnés d'histoire...

Une grande diversité architecturale

Cet arrondissement, le plus peuplé de la capitale, vous offre une magnifique variété de bâtiments et de monuments. Commençons par l'époque la plus moderne, rendons-nous sur le Front-de-Seine, c'est un peu comme le front de mer avec la Seine à la place de la mer ! Et une ribambelle d'immeubles hauts et modernes (c'est la plus grosse concentration de la capitale). Au loin, un phare... la Tour Eiffel !

Art Nouveau boulevard Lefebvre

Pour les amateurs d'arts plus anciens, par exemple plus rondouillards et chaleureux, vous pêcherez ici quelques belles expressions de l'Art Nouveau. Jules Lavirotte, « considéré comme l'un des maîtres de l'Art Nouveau, ornant ses immeubles avec un symbolisme exubérant, parfois d'inspiration érotique » a sévi dans ce 15e arrondissement (au 69 boulevard Lefebvre, ce bâtiment est l'un des moins connu de l'artiste). Si vous avez un peu plus de temps devant vous, attrapez le métro et faites un saut dans les 7e et 8e arrondissements, ils sont les mieux dotés en œuvres de Lavirotte (l'immeuble du 29 avenue Rapp est une splendeur !).

La petite île qui faillit être aéroport

La statue de la Liberté parisienne, reproduction de la new-yorkaise (en 4 fois plus petite) a été offerte à la France par les Français résidant aux Etats Unis. La vraie avait été offerte par la France aux Américains. Cette statue est plus connue que l'île qui lui offre l'hospitalité. L'île aux cygnes, entre les 15e et 16e arrondissements, a le côté bucolique qu'il faut pour reprendre une bouffée d'air. Les joggeurs, marcheurs, flâneurs et autres traîne-savates adorent. Île artificielle (créée en 1827), longue de 900 mètres et peu large (11m), il fut envisagé dans les années 1930 d'en faire un mini-aéroport.

Au cœur de l'histoire de la DS

Si vous longez la Seine dans le bon sens (vers le 15e), vous tomberez bientôt nez à nez avec le grand parc André Citroën. Étalé sur 14 hectares, avec de belles vues sur la Seine, il est là où s’érigeaient les usines Citröen. Pensez, en vous baladant ici, que vous êtes au cœur de l'histoire de deux mythes de l'automobile française : la Traction et la DS. Mais avant d'y construire de la bagnole, Dédé y faisait des obus. Voilà qui n'aurait pas plu à l'anar et pacifiste Georges Brassens qui a aussi son parc dans le 15e arrondissement.

Marché du livre unique en Europe

Jadis lieu d'abattoirs, ce parc est un hommage au chanteur qui a vécu dans le 15e (dans les années 70), au 42 Villa Santos-Dumont. Selon le site paris.fr, « vous y découvrez de nombreuses variétés de plantes, un jardin de senteurs avec de nombreux spécimens, un jardin de plantes aromatiques et médicinales » . A noter qu'un marché du livre ancien et d'occasion s'y déroule (les samedis et dimanches). Sans doute pour son nombre de libraires et bibliophiles, on le dit « unique en Europe ».

Là où naquit le gorille

Mappy.fr me souffle à l'oreille qu'il vous faut 17 minutes à pied pour vous rendre 7 impasse Florimont (c'est dans le 14e voisin), où vécut Georges Brassens un peu plus tôt, de 1944 à 1966. « C'est dans ce cadre peu banal, dans le plus grand dénuement, que le chanteur écrira la plupart de ses chansons, comme Le gorille, Le Fossoyeur ou Margot », écrit le site Paris Zig Zag, que je vous recommande vivement.

Cinéphiles, à vos plans, prêts...

Tout ceci n'est qu'un minuscule aperçu de ce qui peut nourrir votre balade dans le 15e et sur les bords. Les cinéphiles, notamment les adeptes de l'histoire du cinéma et de ses lieux de tournage, vont aussi découvrir ici quelques perles. Si vous vous rendez sur le parvis de l'église Saint-Lambert de Vaugirard, vous reviendra peut-être en mémoire « La mariée était en noir », de François Truffaut.

Le premier métro

Plusieurs scènes de « Mr Klein », avec Alain Delon, ont également été tournées dans cet arrondissement, dont une dans l'usine Citroën. Le fameux Front-de-Seine apparaît dans « Peur sur la ville », avec Jean-Paul Belmondo. Dans ce film, Bebel sur le métro, c'est au pont de Bir-Hakeim (photo), l'un des trois ponts qui reposent sur l'Île aux cygnes. La première ligne de métro de la capitale fut d'ailleurs inaugurée dans cet arrondissement, en 1900, pour la fameuse Exposition universelle (dont je vous causais hier).

V.H.

Crédit Photo : Wikipédia

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