Toulouse et son Tonton Pastis

Bon, c'est vrai, parler de Toulouse et de sa religion de la fiesta n'a rien d'insolite. Encore que... Attendez un peu.

Ce sont les Toulousains eux-mêmes qui se voient ainsi. Ceci est le résultat d'un petit sondage, mené tambour et trompette battants, lors d'une récente descente en ville rose. « Fêtards » l'emporte à une très large majorité ; deux des trois personnes sondées m'ont répondu « le goût de la fête », pour le premier, « le sens de la fête », pour le second. Le troisième m'a rappelé que Toulouse, quatrième ville de France et sans doute première ville espagnole française, est aussi celle qui compte le plus grand nombre d'hôtels particuliers datant du XVIe siècle. Il me semble que vous ne pouvez pas mépriser l'avis de la minorité, ni louper la visite de ces merveilles architecturales et de leurs célèbres caryatides.

Mais revenons à ma majorité écrasante. À mes deux tiers, mes deux loustiques, mes deux fidèles pratiquants de la Sainte Fête. J'ai enquêté longuement pour en savoir plus. Les lieux pour festoyer sont en effet légion. Et certains (qui ne sont pas forcément dans les guides officiels et bibles de routards) sont plus que surprenants. Arrêtez-vous un jour chez « Tonton, Pastis Ô Maître », place Saint-Pierre. Le « Pastis Ô Maître » doit se traduire « Pastis au mètre », vieille tradition que je croyais exclusivement marseillaise. Pardon aux Phocéens, mais c'est Toulouse qui détiendrait la palme d'or française de cette pratique au mètre (pour les profanes, cela signifie que vous commandez un mètre et en fait vous commandez 15 verres de pastis ; pour la bière, c'est 12 verres par mètre environ).

Je reste au conditionnel pour vous raconter que les proprios de chez Tonton, acquéreurs d'autres lieux hautement festifs de la ville, auraient un jour eu l'idée d'appeler l'un de leurs troquets « Les couilles du Pape ». Ils se ravisèrent, pour des raisons que je devine un peu. Ma source m'indique que le bastringue se nomme en fait « Le Saint des Seins ». Quoi qu'il en soit, que vous soyez munis de seins, ou pas, de guides touristiques, ou pas, d'amis, ou pas, que vous soyez ou non rugbyman, d'origine ou de pure souche espagnole – car nous sommes tous un peu espagnol dans l'âme – allez à Toulouse faire la fête. On devrait d'ailleurs dire « toulouser », pour dire « faire la fête ». Je vais envoyer cette suggestion aux fêtards de l'Académie française.

Vous allez bien me remettre un mètre, ô grand maître ?

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Photo : Wikipedia

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